Recueillement, hier, à l’aéroport international d’Alger, sur la dépouille de Boukhari Ahmed : Vibrant hommage à la mémoire du martyr sahraoui

La dépouille du martyr Boukhari Ahmed Barik-Alla, membre du secrétariat national du Front Polisario et son représentant auprès des Nations unies (ONU) est arrivé, hier, à l’Aéroport international, Houari Boumediene, Alger, où un dernier hommage lui a été rendu, par une assistance nombreuse, en présence de l’ambassadeur de la République sahraouie, à Alger, Abdelkader Omar Taleb et des membres de la famille du défunt.

Des acteurs de la scène politique algérienne, des représentants de la société civile et du mouvement national de soutien à la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance, des membres du Comité national de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), à leur tête son président Saïd Ayachi, des élus locaux, dont de l’APC d’Alger-Centre et des universitaires, des acteurs politiques et des membres du collectif des journalistes de soutien à la cause sahraouie. Drapé de l’emblème de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), les couleurs qu’a brandit le défunt Ahmed Boukhari, dès les premières heures du déclenchement de la lutte armée de libération du peuple sahraoui, contre le système politique colonial au Sahara occidental, d’abord espagnol, avant le marocain, dès 1975, date de de l’invasion militaire du royaume chérifien des territoires sahraouis. La cérémonie de recueillement à la mémoire de celui qui a consacré toute sa vie, à la cause de son peuple, notamment ces dernières années, au sein de l’Institution de l’ONU où, munis de la justesse du combat libérateur et de la primauté du Droit International consacrant le droit d’autodétermination des Sahraouis, il a mené «grandement» sa mission, en tant que représentant du Front Polisario auprès de l’ONU. Décédé dans la soirée de mardi dernier, suite à une longue maladie, a annoncé la présidence de la République sahraouie, le martyr de la lutte de libération du peuple sahraoui, sera enterré aujourd’hui, à Smara, dans les camps des réfugiés sahraouis.
Le destin a fait qu’il quitte ce monde, avant de voir le drapeau de sa patrie se hisser, sur l’ensemble des territoires du Sahara occidental, comme ce fut le cas de d’autres martyrs des luttes des indépendances des pays à travers le monde, dont ceux du continent africain. L’’histoire du combat libérateur du peuple sahraoui retiendra le nom et le parcours d’Ahmed Boukhari avec tant d’autres martyrs sahraouis, hommes et femmes qui sont partis avant lui, tombé au champ d’honneur, pour que le peuple sahraoui vive le jour où les chaînes du joug colonial marocain se brisent, et savoure la liberté, l’indépendance et la dignité, pour lesquels tants de sacrifices ont été consentis et le sont encore.
Certes les présents, ont fait, hier, leur adieux à ce valeureux combattant, connu pour avoir été également un «fin diplomate» selon l’expression de l’ambassadeur sahraoui, Omar Taleb, hier, dans son message, lors de la cérémonie de recueillement. Il dira plus loin que « par sa mort, le peuple sahraoui aura perdu l’un de ses hommes qui ont sacrifié leur vie pour servir la cause nationale » et de souligner que « son esprit et son combat ainsi que ceux des martyrs sahraouis, continueront d’animer la volonté du peuple sahraoui dans sa lutte pour l’indépendance» a-t-il déclaré.
Un adieu certes à un compagnon de lutte, à un militant, à un diplomate, à un ami, à un père, à un proche, mais son esprit et son engagement résolu à lutter contre la domination colonial, demeureront toujours vif dans la mémoire de son peuple et animeront sa volonté dans sa marche vers l’indépendance de son pays, le Sahara occidental, dernière question de décolonisation, en Afrique, inscrite sur l’Agenda de l’ONU. De son côté, dans son message, à cette occasion, le Président du CNASPS Saïd Ayachi a rendu un vibrant hommage au défunt Ahmed Boukhari, insistant sur son parcours de combattant et de ses « compétences avérées » dans l’action diplomatique, notamment auprès des Nations unies. Le défunt Boukhari Ahmed Barik-Alla, membre du Secrétariat national du Front Polisario et son représentant auprès de l’ONU, est né 19 septembre 1952, à Dakhla, ville du Sahara occidental et était marié et père de trois filles et deux garçons. Il a fait ses études primaires et secondaires à Dakhla, sous occupation espagnole, puis marocaine, dès 1975. En Espagne pour poursuivre ses études universitaires où il a obtenu son diplôme de droit à l’Université de Tenerife, Il a regagné la lutte du son peuple, conduite par l’unique et légitime représentant du peuple sahraoui, en 1973, contre l’occupant espagnole, et a participé à l’organisation et à la sensibilisation des étudiants sahraouis en Espagne. Depuis les années quatre vingt, il a fait partie de la direction politique du Front Polisario, et a occupé, plusieurs postes, politique, diplomatique et médiatique, où il a travaillé comme rédacteur en chef du journal, Sahara Libre de 1975 à 1977, puis représentant du Front Polisario en Espagne de 1978 à 1980, représentant également du Front Polisario en Espagne, de 1984 à 1985, et de 1985 à 1988, il a occupé le poste d’ambassadeur de la RASD, au Venezuela. À partir de 1992 il devient représentant du Front Polisario auprès de l’ONU et faisait partie de la délégation de négociation où il a assisté à plusieurs rounds de pourparlers et négociations entre le Front Polisario et la délégation des autorités coloniales marocaines au Sahara occidental, sous les auspices des Nations unies.
Karima Bennour