RAMADANE SLIMANE

RAMADANE SLIMANE, ÉDITEUR DE LIVRES, AU « COURRIER D’ALGÉRIE » : «Il faut parler de l’histoire telle qu’elle est faite réellement»

Dans cet entretien, le directeur de la maison d’édition «Dar Nouzhat Al Albabe», de Ghardaïa, Ramadane Slimane, nous parle de la nécessité d’évoquer l’histoire de l’Algérie dans son contexte historique le plus réel et, aussi, sur l’impératif de faire connaître certaines personnalités algériennes non connues par les Algériens eux-mêmes. L’occasion nous a été donnée au Sila-2018, de faire le point avec notre interlocuteur sur les richesses culturelles et le patrimoine historique de la région.

-Le Courrier D’Algérie : Tout d’abord, parlez-nous de la place du livre historique pour le lecteur algérien ?
-Ramadane Slimane : le livre historique occupe, aujourd’hui, une grande importance pour le lecteur algérien. Maintenant, les lecteurs veulent vraiment connaître leur vraie histoire, la vraie Histoire de l’Algérie. Ils ne veulent pas être privés de celle-ci. Il est nécessaire, aujourd’hui, de puiser dans les richesses de l’Histoire de notre pays.

-Ce genre de livres favorise-t-il le retour à l’identité et aux sources?
-Absolument, le livre historique permet de forger l’esprit et permet aussi au lecteur de connaître son identité profonde, et bien sûr si l’histoire est écrite correctement et dans un contexte historique basé sur des faits réels. Il faudra simplement parler de l’histoire telle qu’elle est faite réellement et faudra-t-il aussi dépoussiérer certaines figures historiques algériennes, méconnues par les lecteurs malgré qu’elles ont fait l’histoire.

-Vous pensez à des noms issus de Ghardaïa et qui sont dans le besoin de sortir de l’anonymat ?
-Oui, la wilaya de Ghardaïa compte plusieurs figures historiques qui restent, tout de même non connues par nos lecteurs et je tiens à affirmer, dans ce sens qu’il est absolument nécessaire que leurs familles auraient l’initiative de parler d’elles et de les faire connaître aux Algériens.

-Qu’en est-il des manuscrits ?
-La wilaya de Ghardaïa abrite plusieurs manuscrits de grande valeur historique, un fabuleux trésor à connaître et à découvrir mais malheureusement, la plupart de ces manuscrits ne sont pas publiés, en espérant, aussi qu’ils le seront à l’avenir.

-Et comment décrivez-vous le mouvement culturel dans cette wilaya ?
-Le mouvement culturel dans la wilaya est diversifié et dynamique. Notre wilaya compte beaucoup d’historiens et une population qui s’intéresse de plus en plus à l’histoire.

-Revenant à votre participation au « Sila 2018 » …de nouvelles publications au menu ?
- Cette année, nous avons publié huit nouveaux titres en langue arabe à savoir : « Bint El Nakhla » (La fille du palmier) de «Ibrahim Cheikh Salah», « Boudour El-Hayat » (Les graines de la vie) de « Hamoud Ben Slimane Ramadane », « Mizab wa El- Mizabiyoun » de « Abou-El Kacem Saâd –Ellah». Aussi, nous avons publié un livre intéressant sur « Brahim Ramadane …Radjoul El-îlm Wa El-Nidhal» de Mustapha Ramadane. Un beau livre qui relate le parcours de cet homme de science considéré comme une personne influente et notable dans la wilaya de Ghardaïa.

-Comment concevez-vous le rôle du Sila comme espace de promotion de l’édition ?
-Le Sila contribue énormément à la promotion de la lecture et de l’édition. Un salon qui prend de l’envergure au fil des années qui passent. Il est devenu un véritable espace de rencontres où se côtoient les auteurs, les éditeurs et le public.
Entretien réalisé par Mehdi Isikioune