John Desrocher  Ambassadeur américain à Alger
John Desrocher Ambassadeur américain à Alger

DÉCIDÉ À NE PAS LAISSER LE MARCHÉ ALGÉRIEN ENTRE LES SEULES MAINS DES PAYS DE L’EUROPE ET SURTOUT DE LA CHINE : Les États-Unis œuvrent à diversifier les domaines de partenariat

Les États-Unis entendent ne pas laisser le marché algérien entre les seules mains des pays de l’Europe et surtout de la Chine. Le pays de l’Oncle Sam œuvre à s’y tailler une part qui lui permet de peser sur l’échiquier, côté Nord Africain.
C’est en tout cas ce qui permet d’analyser les données et les actions des officiels des États-Unis. Ainsi, et par la voix de son ambassadeur en Algérie, John Desrocher, l’État US a exprimé son souhait de créer et soutenir des opportunités de partenariat avec l’Algérie.
À l’issue de sa visite au Centre régional de lutte contre le cancer, de la wilaya de Batna, son excellence l’ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Algérie et devant les représentants des titres de la presse nationale, a salué l’effort déployé par l’Algérie en vue de réformer l’économie par la diversification et l’extension des domaines de partenariat exprimant le souhait de son pays d’apporter sa touche à l’essor escompté dans les différentes branches de l’économie algérienne. Dans ce sens, John Desrocher a déclaré que son pays « s’intéresse à créer et à entretenir des partenariats entre l’Algérie et les États-Unis d’Amérique dans tous les domaines, dont l’industrie, l’énergie, ainsi que l’agriculture et la santé ».
Le diplomate américain a eu l’occasion de visiter le Centre régional de lutte contre le cancer de Batna et de s’enquérir des équipements dont il dispose, notamment ceux relatifs à la radiothérapie. À cette occasion, l’ambassadeur US s’est entretenu avec Aïssa Madoui, directeur du Centre régional de lutte contre le cancer de Batna, au sujet du développement technologique en matière de lutte contre le cancer et de l’importance de s’adapter aux progrès effectués dans ce domaine.
Évoquant les perspectives de partenariat dans le domaine de la formation, John Desrocher a affirmé que ces partenariats demeurent possibles à l’avenir et que ceux-ci s’inscrivent dans le registre des actions que l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique en Algérie encourage.
Au cours de cette même visite, effectuée durant la journée de Mardi, le représentant américain et en marge des échanges qu’il a eus avec le wali de Batna a rencontré des investisseurs et des membres de la Chambre de commerce et d’industrie «Aurès» avec lesquels il a eu à scruter les horizons d’investissement notamment dans les secteurs stratégiques qui sont, entre autres, les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme qui offrent des perspectives fort prometteuses.

L’Algérie, une base stratégique pour l’expansion US en Afrique
Les économistes et stratèges US sont très conscients de la position stratégique de l’Algérie sur le double plan géographique et géopolitique. Ils ont surtout conscience du potentiel de croissance et la stabilité du pays qui fait de la nation un cas remarquable dans la région Mena.
En effet; les calculs des économistes américains s’appuient sur l’existence des bases infra-structurelles et super-structurelles en Algérie, à l’instar de la route Transsaharienne en cours d’achèvement. Cette infrastructure de base est de nature à permettre à l’Algérie de devenir le moteur de croissance du continent et une plateforme d’exportation vers l’Afrique. De même que le projet du méga port d’El-Hamdania, le plus grand de la Méditerranée, s’ajoutera à ce potentiel d’infrastructures de transport en permettant, dès sa mise en service en 2020, de relier l’Algérie à l’Afrique, à l’Asie du Sud-est et aux Amériques.
Certes, les indicateurs économiques de l’Algérie sont pour le moment en difficulté, mais les espoirs demeurent permis, d’autant que le pays qui est 18e producteur mondial de brut, a puisé dans ses réserves pour combler le déficit de la balance des paiements, mais qui a quand même réussi à absorber la perte tout en refusant de réduire ses programmes de développement ou de changer ses politiques sociales.
Quoiqu’il en soit, les Américains, connus pour leur pragmatisme, savent qu’étant le pays le plus grand d’Afrique, de la rive méditerranéenne et du monde arabe, l’Algérie, qui dispose amplement de ressources énergétiques à canaliser et à vendre, offrent d’immenses opportunités aux hommes d’affaires américains.
Zacharie S Loutari