Accueil Edito Racolage médiatique

Racolage médiatique

0

La reprise de dialogue amorcée entre Alger et Paris cette semaine a fait les choux gras de la presse des deux côtés de la Méditerranée. Il fallait s’y attendre. Tout le monde serait d’accord sur le fait que le programme de la visite du ministre français de l’Intérieur s’est déroulé dans la sérénité et le respect. Mais il s’en trouverait toujours des gens sur les plateaux de télévision pour attiser la haine, dire du mal de l’Algérie et stigmatiser les Algériens. Que l’Algérie et la France se retrouvent face à face à Alger, après des mois de rupture quasi-totale des canaux diplomatiques, la situation devrait, normalement, réjouir les voix qui accusent l’Algérie de leur avoir fermé la porte. Bien qu’il ne faille pas non plus s’enflammer. En effet, au stade où en sont les choses, il est trop tôt pour parler d’une fin de la plus grave crise entre les deux pays depuis 1962. Certes, la visite effectuée par Laurent Nunez à Alger aura servi, un tantinet, à faire baisser la tension. Une nouvelle situation qui ouvrirait la voie à la reprise des sujets urgents de la coopération dans les domaines de la sécurité et de l’immigration. À la limite, Nunez aurait réussi à nous faire oublier son prédécesseur à Beauvau, le sulfureux Bruno Retailleau, et sa posture belliciste à notre égard. Il est vrai que, pour ne citer que l’actuel chef des Républicains et, par ailleurs, candidat aux élections présidentielles de 2027, n’est plus aux commandes. N’empêche, l’Algérie demeure un sujet de politique intérieure pour les milieux de l’extrême droite. De récentes déclarations, tenues dans le contexte de la visite de Nunez à Alger et émanant de personnalités médiatiques et politiques sur des plateaux de télévision, confirment ce constat. À commencer par le coup de gueule de l’historien franco-algérien Benjamin Stora. Invité sur le plateau de France Info pour parler, initialement, de sujets liés à la Guerre d’Algérie, le président de la commission Histoire et mémoire côté français est entré dans une colère noire à cause d’une question provocatrice du journaliste qui l’a interviewé. Celui qui incarne l’une des rares voix médianes encore audibles et qui jouissent du respect des deux pays a accusé le journaliste d’avoir cherché à l’humilier en l’entraînant dans les caniveaux de l’affaire dite « Amir Dz ». Notamment le voyou notoire et le cybercriminel qui a fait l’objet de lourdes condamnations, en Algérie, pour des délits terroristes et de subversion. On n’a jamais vu, sinon rarement, Stora dans un tel état. Ce n’est pas étonnant de la part d’un média de service public français qui n’a pas dérogé à la règle. Il y a quelques semaines, France Télévisions a commis un « documentaire » anti-algérien qui compte un ramassis de membres d’organisations terroristes auxquels Paris assure le couvert et le gîte pour attaquer l’Algérie. Tous ces racistes rejetons de l’OAS n’ont pas intérêt à ce qu’il y ait de vraies relations basées sur les intérêts communs entre les deux pays.

Farid Guellil

Article précédentLigue 2 (20e journée)  : La JS El-Biar enchaîne, le CA Batna accroché à Béni Thour
Article suivantAlors que le cheptel bovin du pays diminue : Les prix du bœuf ont atteint des sommets aux États-Unis