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PROGRAMME TV DE RAMADHAN 2020 : La médiocrité a eu raison de la qualité

Les programmes de télévision que proposent les chaînes de télévision algériennes pour ce mois sacré de Ramadhan laissent à désirer. C’est le constat amer d’un grand nombre de téléspectateurs algériens qui s’attendaient à voir beaucoup mieux. Le sacré moment de télévision qui accompagne El Iftar des Algériens n’a plus la même ambiance d’il y a quelques années. Les programmes télés, sketchs, et autres séries de qualité auxquelles sont habituées les familles algériennes ont quasiment disparu du petit écran, laissant place à des programmes à la limite « indigestes ». Ce mois sacré de Ramadhan 2020 a commencé avec un scandale de caméra cachée sur Numedia TV. Ce programme, accusé d’atteinte à la dignité et à l’image de citoyens est tout simplement supprimé de la grille, par cette chaîne de télévision, après une grande vague d’indignation et de dénonciation suscitée après la diffusion du premier épisode. L’Autorité de régulation de l’audiovisuel a également adressé une mise en demeure à la chaîne, pour qui la dignité humaine reste à inventer. Ce programme n’est pas le seul à s’attirer les foudres des téléspectateurs algériens, habitués à voir beaucoup mieux ailleurs. Sur Ennahar TV, des vidéos montrant des invités usant de propos haineux, machistes et encore sexistes ont fait le buzz sur les réseaux sociaux. La chaîne de télévision, dont le patron est en prison, n’arrive toujours pas à se passer de ses anciennes pratiques de diffusion de discours à caractère violent, raciste et sexiste pour faire le buzz, et attirer de l’audimat. Les talk-shows proposés sur la grande majorité des chaînes de télévision sont marqués par un niveau de débat très au-dessous de celui des tables de cafétérias et de la rue. « Quand on ramène les animateurs et animatrices par piston, et les invités par copinages et autres critères qui sortent complètement de la logique qui devait régner dans ce créneau, il ne fallait pas s’attendre à mieux », commente un observateur de la scène médiatique nationale.  Concernant les chaînes publiques, reléguées en bas du peloton ces dernières années, s’agissant des programmes du mois de Ramadhan, cette année, et profitant de la crise qui secoue les chaînes privées, la télévision publique semble retrouver un meilleur classement. Ce n’est pas encore la révolution chez l’ENTV, et ça ne serait pas pour demain, vue la qualité médiocres des programmes proposés. Mais il y a quand même un petit nombre de programmes qui captent l’intérêt. C’est le cas de la série « Timoucha » du réalisateur Yahia Mouzahem qui passe sur la télévision publique. Celle-ci rencontre un franc succès auprès des téléspectateurs. Connu pour son sérieux et son professionnalisme, Yahia Mouzahem est arrivé, avec son équipe, à réaliser une jolie série, dont le rôle principal est joué par la talentueuse actrice, Mina Lachter. Dans le registre des programmes qui se laissent voir aussi, l’on peut noter la série « Yemma » du jeune réalisateur Madih Belaïd, qui passe sur la chaîne El Djazairia. Au-delà de la qualité de la série, celle-ci a fait émerger de jeunes talents hors pair, tels Mohamed Reghis, ou encore Mounia Benfeghoul. Le casting de cette série comporte également de grands noms du cinéma algérien, Sid Ahmed Aggoumi ou encore Malika Belbey. Les téléspectateurs algériens qui attendaient avec impatience de voir la nouvelle saison de la série « Daqious et Maqious » du talentueux Nabil Asli sont très déçus d’apprendre que celle-ci a été censurée cette année.
Arezki Ibersiene