Belhimer

PRESSE ÉCRITE, AUDIOVISUEL, PUBLICITÉ… : Le plan de réforme de Belhimer révélé

Une nouvelle stratégie pour restructurer un secteur, véritable « champ de mines », dans lequel aucun maillon de la chaîne « n’est épargné de l’effondrement » : le ministère de la Communication travaille sur un nouveau plan d’action, dont des copies ont été publiées hier, par des médias, avec comme mesure phare le chantier de la loi sur l’information et celle relative à l’activité audiovisuelle. Face à un secteur où tout reste à faire, les nouveaux textes révisés devront favoriser l’autorégulation, la régulation des chaînes de télé privées, la légifération sur les agences de conseil en communication, la régulation du domaine des activités publicitaires et de la presse en ligne, relève-t-on dans le nouveau plan de Communication, toujours en chantier au niveau du ministère de Ammar Belhimer. Le premier volet concerne la presse écrite : l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE) – prévue par la Constitution de 2016, mais sans existence sur le terrain – sera abandonnée et remplacée par d’autres organismes. Il s’agit de la création de trois Conseils professionnels : un Conseil national de la presse doté d’un organisme de la déontologie et de la médiation, d’un autre dédié à l’attribution de la carte professionnelle de presse, et d’un dernier qui se chargera de veiller à l’interdiction de la concentration de titres et organes. En outre, le plan d’action du ministère de Communication acte également la création d’un Office de justification de la diffusion (OJD) et de l’Organisme des chiffres de la presse et des médias en ligne (OCPM), note-t-on sur le document du ministère. Il faut souligner que le président Tebboune avait instruit, début février, le Premier ministre, à l’effet de procéder à la « régularisation de la situation juridique des journaux électroniques domiciliés en Algérie ». Un secteur qui a besoin d’accompagnement et d’un développement sécurisé et organisé lui permettant de consolider les acquis en la matière et de moderniser en permanence l’innovation dans le domaine de la communication, a reconnu Belhimer. Le département de Belhimer s’est aussi beaucoup intéressé au secteur de l’audiovisuel en Algérie, livrant ce constat selon lequel les chaînes de télévision privées nationales existantes actuellement «bien qu’elles s’adressent au public algérien, ces chaînes, au nombre de cinquante, sont actuellement de statut offshore, régies qu’elles sont par le droit étranger ». Seules six chaînes ont jusque-là été accréditées de manière provisoire sous forme de bureaux de représentation de presse étrangère en Algérie. « Une solution bancale source de confusion juridique », s’offusque le ministère de la Communication, pointant aussi un
« anachronisme d’autant plus surprenant » que ces télés de droit étranger bénéficient de la publicité publique.
L’urgence de réguler cette activité est dictée, selon le département de la Communication, « notamment par le traitement subjectif et contraire à la déontologie, voire subversif, de certaines chaînes privées à l’endroit de notre pays ». Pour le volet publicité, le plan ministériel a affiché son ambition de faire «évoluer » le dispositif juridique en adoptant les dispositions « nécessaires » pour « sanctionner les graves agissements et éviter leur publication », tout en consolidant le cadre référentiel de son action, en mettant à niveau l’ensemble du secteur et en assurant la transition rapide vers le tout-numérique, tout en renforçant la formation continue et le perfectionnement professionnel.
Le ministère de la Communication considère que « le champ réglementant les activités publicitaires est caractérisé par l’existence de nombreuses dispositions éparses inscrites dans différents textes législatifs et réglementaires ». Concernant les autres mesures du plan du ministère de la Communication, il est question de relancer le Fonds d’aide à la presse dont le financement a été interrompu en 2015 par le gouvernement qui l’a clôturé, et verser ses ressources au bénéfice du Trésor, et d’accentuer le caractère obligatoire de la participation des entreprises de presse publiques et privées à la formation, en consacrant 2 % de leurs bénéfices annuels à la formation des journalistes et à l’amélioration du rendement journalistique et de celui des assimilés.
Hamid Mecheri