Pour que nul n’oublie !

Par Mâalem Abdelyakine

La wilaya de Constantine a abrité, jeudi passé, les cérémonies officielles du 60e anniversaire de la célébration de la Journée nationale du Moudjahid, qui coïncide avec les doubles dates du 20 août 55, où l’offensive du Nord constantinois, menée par le héros et martyr de la Révolution armée, le colonel Zighout Youcef, ainsi que la tenue du Congrès de la Soummam, le 20 août 1956, à Ifri-Ouzellaguene. Pour marquer cet important rendez-vous avec l’histoire du pays, et prémunir la mémoire collective de l’amnésie, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, accompagné de sept ministres de son gouvernement, où, pour la circonstance, a inauguré plusieurs réalisations dans les secteurs de la santé, l’éducation, le sport et, enfin, une stèle commémorative de l’histoire. Cela dit, Sellal a tenu à glorifier, de sa présence, cette date salutaire qui, il faut l’admettre, a été pour beaucoup dans la poursuite de la Révolution de 1er-Novembre 54, qui a été presque étouffée dix mois après son déclenchement, et qui a vu la perte des principaux chefs historiques de la Révolution. C’est ainsi que, le 19 décembre 1954, Badji Mokhtar tomba au champ d’honneur, suivi par un autre héros, le 18 janvier 1955, Didouche Mourad, mort les armes à la main. Mostefa Ben Boulaïd fut arrêté avant de mourir en martyr, le 22 mars 1956. C’était un coup dur pour la Révolution, d’autant plus, et selon les historiens, les premiers maquis du Front de libération nationale (FLN) étaient en train d’étouffer, particulièrement dans les Aurès. C’est dans ce but que Zighout Youcef a reçu une lettre de la part de Chihani Bachir qui était, alors, chef par intérim de la Zone-I, lui demandant de faire quelque chose pour desserrer l’étau sur les Aurès. Le valeureux et courageux chahid a reçu le message 5 sur 5, a mesuré l’enjeu de l’issue de la Révolution et qu’il fallait faire vite. Lors de cette offensive du Nord constantinois, les consignes données étaient d’exécuter les attaques en plein jour, en ciblant, principalement, les installations militaires et économiques et de liquider les traitres à la Révolution. Ceci étant, les historiques de la Révolution sont unanimes à reconnaître que l’offensive du Nord constantinois a, non seulement, permis de desserrer l’étau sur les Aurès, mais à donner un second souffle à la glorieuse Révolution du peuple algérien. Cependant, et malgré les massacres à grande échelle et la répression barbare des civils algériens par la France coloniale, la Révolution sera prise à bras le corps par tout le peuple algérien et la propagande anti-révolution, selon laquelle les attaques du 1er novembre 1954 n’étaient qu’un feu de paille, et que le FLN n’est autre qu’une bande de «hors-la-loi» a été battu en brèche par cette forte adhésion de tout le peuple avec sa Révolution. Vint, ensuite, le Congrès de la Soummam le 20 août 1956, qui a structuré la Révolution et qui sera aussi le prélude à la construction d’un État. En tout état de cause, et au-delà de ces célébrations, qui reviennent chaque année, nul ne doit oublier les sacrifices suprêmes, consentis par le peuple algérien pour sa patrie, afin de la libérer du joug colonial, inhumain, pour que l’Algérie vive libre et indépendante.
Gloire et éternité pour nos martyrs .
M. A.

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