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POINT DE DOCTEUR MERABET SUR LE COVID-19 EN ALGERIE « Notre salut viendra de la réussite du Plan prévention ! »

À peine allait-il prendre place sur la tribune, l’invité du Forum du Courrier d’Algérie, Docteur Lyès Merabet, reçoit un appel téléphonique. I l décroche, tout en prenant le soin de répondre discrètement à son correspondant. Au bout de moins d’une minute de l’échange, il tourne le regard vers les journalistes qui l’attendaient avec des questions sur la situation du Covid-19 en Algérie, et, en particulier, l’état d’esprit, la mobilisation, les moyens à disposition, et le travail de longue haleine fourni tant bien que mal par un personnel médical national qui témoigne d’un manque « flagrant » en moyens. Mais avant de dresser l’état des lieux de cette pandémie, le président du SNPSP a révélé à l’assistance ce qui s’est dit entre lui et un responsable de service médical exerçant à Blida. Et qu’en est-il ? En fait, il s’agissait d’une pénurie en moyens médicaux, pour ne citer que le masque indispensable pour les professionnels, à cause de ce qui s’apparente à un blocage au niveau de la PCH à Alger. «  J’ai reçu un appel d’un ami à Blida, une wilaya qui constitue un foyer (Covid-19), et lequel me pose le problème des moyens qui n’arrivent toujours pas jusqu’à présent. Il me cite l’exemple des masques FFP2 qui ne sont pas disponibles. Et lorsqu’ils le sont, c’est en petites quantités. Il me dit que cela fait 10 jours que l’on fait le déplacement vers Alger, où la décision de distribution est concentrée au niveau de la PCH. Et à chaque fois ils (responsables PCH) nous disent qu’ils attendent le feu vert, sinon un document officiel du ministère de la Santé qui décide de la répartition, selon les besoins, les priorités etc. », a révélé Dr. Merabet. Un fait qui en dit long sur les moyens dérisoires dont dispose le personnel médical, lequel, aujourd’hui, fait avec les moyens du bord, pour prendre en charge les patients atteints du Covid-19. Et à l’invité du Forum de rentrer vite dans le vif du sujet. « Le Coronavirus est une crise sanitaire assez importante, à prendre au sérieux, qui concerne l’Algérie et tous les pays du monde. À l’heure où je vous parle, on est à quelque 152 pays touchés et 150.000 cas confirmés. Ceci alors que les études des Chinois, des Américains et autres parlent d’au moins le double, voire le triple, des chiffres que nous avons. Pour les décès, ce qui est plus précis, ce sont malheureusement plus de 7 000 personnes qui sont mortes, depuis à peine deux mois (janvier – février). C’est dire la rapidité avec laquelle s’est installée cette épidémie, devenue une pandémie aujourd’hui, puisque tous les continents sont concernés», a-t-il fait savoir, non sans renvoyer dans ses propos à la situation en Algérie qui, à l’instar des autres pays, doit se mobiliser, surtout mobiliser la population, autour d’une pandémie dont il est impératif de réduire les dégâts. Pour le cas de notre pays, en effet, et jusqu’à hier, le bilan est arrêté à 5 décès sur 60 cas confirmés. Non seulement il y a un manque manifeste en moyens médicaux, en dépit de l’importante quantité importée dont a fait part récemment le Premier ministre Djerad, mais aussi des « disfonctionnements » et un « manque de coordination » dans aussi bien l’exécution du Plan d’action préventif de la santé que dans la prise de décision, surtout qu’elle est centralisée au niveau ministériel. Ce que récuse surtout le président du SNPSP, l’incohérence dans l’organisation de ce dispositif. « Je l’ai toujours dis, il y a une nécessité de réussir le plan d’action préventif, il s’agit de notre salut  », suggère l’invité du Forum qui appelle à un sursaut national, impliquant tout le monde, à l’effet de freiner la propagation du Covid- 19 dans notre pays.

FAIRE APPEL À L’EXPERTISE CHINOISE
« Avant on avait un cas importé, maintenant nous avons des cas autochtones, rappelle-t-il comme pour dire que notre pays n’est pas à l’abri, prévoyant une hausse du nombre de contaminés en Algérie. «  Manque de moyens, disfonctionnements dans le système de santé et état d’esprit des Algériens en rupture de confiance avec tous ce qui vient des dirigeants  ! » Voilà un constat dont tout le monde doit se saisir, se remettre en question et chercher une meilleur équation pour faire face à cette menace planétaire en Algérie. « On est dans une situation assez grave  », tient-il comme autre constat, mais sans pour autant verser dans le défaitisme et la fatalité. Preuve en est, il appelle à une solidarité des Algériens avec le personnel médical qu’il faudra «  comprendre ». C’est-à-dire, même avec un manque flagrant de moyens, il se démène quotidiennement pour soigner et prendre en charge les malades. D’autre part, le président du SNPSP suggère aux autorités algériennes, comme l’ont fait les Européens, notamment la France ou l’Italie, de faire appel à l’expertise chinoise qui dispose d’une expérience pour avoir été le premier pays à connaître l’apparition du Covid-19.
Farid Guellil