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PLF 2020 : Nouvelle taxe sur les véhicules

Une nouvelle taxe imposée aux automobilistes vient d’être proposée par le gouvernement dans le cadre du projet de loi de finance 2020. Il s’agit d’une sorte de fiscalité écologique sur les activités polluantes, qui devra concerner, pour un premier temps, les propriétaires de véhicules et d’engins mobiles, dont le prix varie entre 1 500 et 3 000 DA.

Cette taxe qui s’ajoute à la vignette imposée aux automobilistes, devra être payée lors des renouvellements ou l’établissement du contrat de l’assurance voiture, ont rapporté plusieurs sources médiatiques. Si celle-ci vient à être appliquée, la cagnotte devant être versée au Trésor public est quant à elle estimée à 12 milliards de DA sur les 6,3 millions de véhicules que compte le parc automobile national.
70% de cette cagnotte seront destinés au budget de l’État alors que 30% seront versés à la caisse de Solidarité et de garantie des collectivités locales, a-t-on indiqué. Il convient de dire, dans ce contexte, que l’Algérie est confrontée actuellement à de sérieux problèmes de pollution engendrés par le rejet d’eaux industrielles non traitées, les émissions de gaz nocifs, la production de déchets dangereux, la déforestation et la désertification posant ainsi de sérieux problèmes environnementaux. La protection de l’écosystème et la lutte contre le changement climatique sont devenues, ainsi, une préoccupation majeure. Mais il faut dire que la taxe sur la pollution imposée aux automobilistes à elle seule, ne réglera pas le problème qui est plus compliqué que ça. Cela poussera certes certains d’entre eux à réduire l’utilisation de leurs véhicules, à titre d’exemple les familles qui en ont plusieurs et empruntent dans certains cas le même trajet, mais le niveau de pollution ne pourra pas quant à lui baisser pour autant. Faudra, donc, penser à généraliser cette taxe aux usines et aux grandes entreprises qui contribuent de façon accentuée à la pollution de l’air et de l’environnement. Reste maintenant à voir la réaction des automobilistes par rapport à cette nouvelle taxe qui risque de s’ajouter à leurs dépenses et toucher encore à leurs bourses. L’on rappellera, à ce titre, que plusieurs automobilistes avaient refusé de s’acquitter en juin dernier du payement de la vignette automobile, ce qui avait poussé les autorités à reporter à maintes reprises les délais fixés. Ce refus exprimé par un grand nombre de la population est intervenu après le mouvement populaire pacifique du 22 février car la procédure a été jugée comme résidu du système politique. Ça sera probablement le cas pour cette nouvelle taxe sur la pollution qui est proposé par un gouvernement illégitime et qui n’est pas reconnu par le peuple.
Ania Nait Chalal