Poulet

PLAFONNEMENT DES PRIX DE LA VOLAILLE : « Une mesure applicable dans six mois au minimum»

Bien que l’annonce du ministère de l’Agriculture d’aller vers le plafonnement des prix des viandes blanches soit saluée, des doutes sont cependant exprimés sur la possibilité que la démarche puisse être faisable dans 15 jours. Pour l’Association nationale de protection des consommateurs cette mesure nécessite au moins une période de six mois pour qu’elle puisse entrer concrètement et efficacement en vigueur. Son porte-parole, Fadil Tamim, qui s’est exprimé hier sur le plateau d’une chaîne de télévision privée a d’abord rappelé que le plafonnement des prix des viandes blanches et rouges figurait parmi les revendications essentielles de l’association, qualifiant d’inacceptable que les prix des viandes rouges dépassent aujourd’hui plus de 2000 da le kilogramme. Il a ajouté qu’il y a deux ans, son organisation a, dans ce sens, présenté au ministère de l’Agriculture un projet autour du plafonnement des marches bénéficiaires des productions de viandes blanches et rouges. Dans ce projet, il a été proposé, explique le même intervenant, de faire une étude sur le total des couts de production de la viande blanche à qui il faudra ajouter une marge de bénéfice qui puisse être confortable au producteur. « Cette méthode permettra par la suite de contrôler les prix efficacement », a-t-il estimé. Dans le même contexte, Tamim explique que l’association a proposé de prendre en considération lors de cette étude, le prix du poussin, le prix de l’aliment, et les dépenses liées aux médicaments et interventions des vétérinaires. À propos de l’aliment, le porte-parole de l’association nationale pour la protection des consommateurs a tenu à rappeler que le prix de ce produit bien qu’il soit subventionné par l’État, il est vendu à des prix beaucoup plus élevés en raison des pratiques frauduleuses des spéculateurs. La même source a, donc, appelé à mettre fin à ce phénomène à travers notamment, « le recensement du bétail et le nombre d’éleveurs sur le territoire national », a-t-il proposé. Pour revenir à la durée de 15 jours annoncée par le ministère de l’Agriculture pour l’application effective du plafonnement des prix des viandes, Fadil Tamim a signalé qu’il est impossible de le faire avant de passer par une étude des couts sachant que le cycle de production est de 45 jours. « Pour mettre en marche, comme il se doit, le plafonnement des prix, il faut au moins 6 mois », a-t-il insisté. Pour rappel, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Mohamed Abdelhafid Henni a annoncé, samedi dernier, un plafonnement imminent des prix des viandes blanches pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Dans une déclaration à la presse en marge du 48e anniversaire de la création de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Henni a indiqué que les nombreuses réunions tenues avec les représentants de la filière des viandes blanches, notamment ceux du Conseil interprofessionnel de la filière avicole, ont débouché sur la décision de plafonner les prix des viandes blanches. « Les prix plafonnés, applicables dans deux semaines, seront fixés en fonction du coût réel de production, avec des marges bénéficiaires raisonnables que ce soit pour les éleveurs, les détaillants ou au niveau des abattoirs », a-t-il précisé.
Ania Nch