PENETRANTE JIJEL

PÉNÉTRANTE AUTOROUTIÈRE ‘’DJENDJEN – EL EULMA’’ : Six années de travaux et ce n’est pas encore fini !

Longtemps considéré comme un moyen redoutable pour investir la scène politique et bercer les citoyens assoiffés de développement local, les travaux de réalisation de la pénétrante autoroutière Djendjen-El Eulma (Sétif), sur une distance de 110 kilomètres, sont toujours à l’arrêt.

Six longues années se sont écoulées depuis son lancement en août 2013 par l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal. En prison, aujourd’hui, pour des affaires de corruption et d’abus de pouvoir, celui-ci avait assuré que ce projet fera sortir la wilaya de Jijel de son isolement dans un délai de…« trois ans seulement ». En voilà six et ce n’est pas encore fini ! D’autres ministres du régime du président déchu ont multiplié leurs visites au cours des dernières années de son règne, rien que pour avancer des délais jamais respectés. En conséquence, ce projet structurant est transformé en chantier abandonné qui viendra, en plus, défigurer l’axe Taher jusqu’à la limite de la wilaya de Mila. En effet, même si peu d’informations filtrent au sujet de ce projet, des sources sous le couvert de l’anonymat ont indiqué que les salaires du personnel travailleur n’ont pas pu être honorés, ou du moins difficilement. Ce qui a poussé l’entreprise réalisatrice à renvoyer 700 travailleurs et cadres sur un total de 1200. Pourtant, lors de son lancement, une enveloppe financière estimée à 170 milliards de dinars a été débloquée pour la réalisation de cette pénétrante, qui avait pour but de désenclaver la wilaya de Jijel et ses régions montagneuses, et booster l’économie locale à travers l’exploitation optimale du port de Djendjen, en mal de retenir les navires étrangers, qui privilégient les ports de Béjaïa, ceux d’Alger et d’Oran. Face au risque de ne jamais voir le bout du tunnel, le projet «fiasco», comme le surnomme la majeure partie des Jijéliens, a été confié de gré à gré à un groupement d’entreprise algéro-italien, à savoir Rizzani De Eccher, l’entreprise des travaux routiers, hydraulique et bâtiments (ETRHB Haddad) et l’entreprise SAPTA pour la réalisation des ouvrages d’art. Le tronçon qui traverse la wilaya de Jijel, d’un trajet estimé à 45 Km, a vu l’installation d’une entreprise Turque. Celle-ci avait débuté les travaux des deux tunnels de Texanna, au sud de Jijel, après avoir sous-missionné avec l’ETRHB pour finalement sombrer dans le black-out. Finalement, c’est tout le projet qui se retrouve en difficulté.
Ainsi, et jusqu’à preuve du contraire, l’espoir de voir un jour une autoroute de type ( 2 X 3) qui permettra aux automobilistes d’emprunter aisément l’autoroute Est-Ouest, dotée d’aires de repos implantées tout au long des 110 Km et des ouvrages d’art dignes des grands projets, est tombé en désillusion. Ces problèmes d’ordre financier ont poussé la population à se poser de multiples questions. Qui est responsable du destin incertain de ce projet structurant ? Combien d’argent faut-il engager encore pour que ce projet vital puisse connaître un jour une résurrection ? Au-delà de ces interrogations, l’avenir de ce projet phare est tributaire d’un suivi particulier sur le terrain, loin des chiffres et des documents administratifs communiqués aux médias, comme pratique d’usage révolue, et qui vise en général à amadouer la population en prévision d’éventuelles élections.
Ramdane S.