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OPÉRATIONS DE SAISIES MASSIVES DE DEVISES AU NIVEAU DES PORTS ET AÉROPORTS DU PAYS : Un trafic de plus en plus inquiétant

Les sommes de devises saisies par les services des Douanes et ceux relevant de la Police des frontières, lors des dernières tentatives de transfert illicite de devises durant le mois de mars, ont été colossales. Au moins quatre tentatives de trafic de devises vers l’étranger ont été avortées.

Sur les quatre opérations de saisie, deux, qui ont été effectuées au niveau de l’Aéroport international d’Alger, s’élèvent à 28 200 euros, la première a mis en échec 19 000 euros et la seconde 9200 euros, tandis que la troisième opération s’est soldée par la saisie d’une somme de 55 380€ à Bordj Bou-Arreridj et de 7 millions de dollars à Oran, avec de faux documents bancaires concernant l’importation fictive de vêtements.
Pendant ce temps, la monnaie nationale continue d’enregistrer une baisse de sa valeur, pour de nombreuses causes, dont notamment l’activité de l’informel, le marché parallèle des devises et aussi par le recours au financement non-conventionnel. Sa chute inquiète les experts du monde économique et financier, outre qu’elle porte fortement atteinte au pouvoir d’achat. Les tentatives de transfert illicite d’importantes sommes d’argent avortées par les services de police et des douanes renseignent, on ne peut mieux sur l’ampleur de l’activité intense des réseaux maffieux, qui sont connus pour fructifier davantage leurs gains, en situation de crise, dont celle à laquelle est confrontée le pays.
Et on s’accorde à dire que le trafic, qui va crescendo, est à l’origine de la hausse de la valeur de l’euro et du dollar au détriment de la monnaie nationale, comme l’atteste l’activité de l’informel, notamment la vente des devises au marché du Square Port Saïd, à Alger. À cela s’ajoute le diagnostic inquiétant des experts sur la situation économique, ne cessant de tirer la sonnette d’alarme quant à l’impact de la planche à billet opérée sous le gouvernement d’Ouyahia, qui a contribué à la dévaluation du dinar et à la chute du pouvoir d’achat. Par ailleurs, les mêmes services des Douanes algériennes et de la Police des frontières font état du renforcement du dispositif sécuritaire au niveau des aéroports, ports et postes frontaliers, dans le cadre de leur lutte contre ce genre de trafics et autres, a permis de déjouer plusieurs tentatives, l’opération avortée de sortie de 19 000 euros, saisie dimanche dernier, par la police des frontières à l’Aéroport international d’Alger Houari Boumediene, révèle par ailleurs, une autre destination, autre que celle dont les bilans des services précités faisaient état. Après que les mises en causes dans ces différentes affaires et autres s’apprêtaient à quitter notre pays, avec des sommes de devises importantes, vers la Turquie, Malaga, Tunis. L’opération avortée devait prendre la direction de Bangkok, Thaïlande. Ces activités illégales s’opèrent, en multipliant la cadence mais aussi en diversifiant la destination finale, et après Dubaï, Malaga, Istanbul, Shanghaï, Tunis, Milan ou encore Malte, dimanche dernier, les services concernés font état de la destination de Bangkok, Thaïlande, pour les 19 000 euros, saisie à l’Aéroport d’Alger.
Rappelons que le 18 mars dernier, une somme de 74 370 dollars, en direction de Dakar, Mali, Sénégal, a été saisie à l’Aéroport International, Houari Boumediene. Un trafic inquiétant pour la sécurité du pays mais aussi pour son économie et il est utile de rappeler que l’euro a atteint ces derniers jours les 220 dinars algériens, au marché informel, à ciel ouvert, au cœur de la Capitale, Square port Saïd, tandis que le dollar, enregistre lui aussi, une hausse, pour se fixer à 194 dinars. Pour les cambistes, les raisons de la hausse des devises l’incombent à la situation politique actuelle, faisant fi du moteur central de ce trafic, la spéculation et la saisie de tout opportunité pour multiplier leurs gains illégaux.
Mohamed Amrouni