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OPEP ET NON-OPEP : Pas d’accord sur des baisses de la production

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son principal allié russe ne sont pas parvenus, vendredi, à déboucher sur un accord pour réduire davantage la production afin de freiner la chute des cours pétroliers affectés par la propagation du coronavirus et son impact sur l’économie mondiale.

«à partir du 1er avril, compte tenu de la décision prise aujourd’hui (jeudi, ndlr), personne, ni pays de l’Opep, ni pays de l’Opep+, n’a d’obligation de baisser la production », a déclaré le ministre russe de l’énergie, Alexandre Novak aux journalistes à l’issue de longues négociations à Vienne tenue jeudi 6 mars derniers. Durant ces réunions, la Russie a refusé l’offre de l’Opep d’une coupe collective supplémentaire de 1,5 million de barils par jour jusqu’à la fin de l’année 2020. Jeudi, les ministres de l’Opep ont aussi proposé à leurs alliés d’étendre pour le reste de l’année les niveaux d’ajustement convenus lors de la réunion du 6 décembre 2019 (1,7 mbj), et ce, « compte tenu des principes fondamentaux actuels et du consensus sur les perspectives du marché ». Deuxième producteur mondial de brut derrière les états-Unis et devant l’Arabie saoudite, la Russie a basé ses prévisions budgétaires sur un baril à 42,4 dollars et répète se satisfaire du niveau actuel des prix. Pour les majors russes, tout baril retiré du marché implique une baisse des rentrées financières et le risque de céder des parts de marché aux états-Unis qui inondent la planète de leur pétrole de schiste.
Pour tenter de convaincre ses alliés, l’Opep a décidé jeudi de leur demander de ne prendre à leur charge qu’un tiers de l’ensemble des nouvelles coupes, soit 500 000 barils par jour. Les membres ont , à l’issue de cette réunion de continuer, à suivre les évolutions du marché pétrolier et les conséquences de l’épidémie de coronavirus. Ils se sont aussi mis d’ accord pour maintenir le cadre de concertation et de dialogue de la Déclaration de Coopération établie par l’accord du 10 décembre 2016, notamment le Comité ministériel conjoint Opep-Non-Opep et le Comité technique conjoint. La coopération est donc maintenue et les consultations seront plus intenses pour tenter de rapprocher les points de vue, indique le ministère de l’énergie dans un communiqué.

L’Arabie saoudite réduit les prix de ces ventes de 6 dollars/baril
Hier, l’Arabie saoudite a réduit les prix de vente officiels pour le mois d’avril de toutes ses qualités de brut vers toutes les destinations, en raison notamment de la baisse de la demande de brut sur fond de propagation du coronavirus.
Le groupe pétrolier saoudien Saudi Aramco a fixé son prix de vente officiel pour le baril de brut léger à destination de l’Asie, pour le mois d’avril, à 3,10 dollars de moins que la moyenne d’Oman/Dubaï, soit une baisse de 6 dollars le baril par rapport au mois de mars, a déclaré la société dans un communiqué.
Le groupe a aussi réduit le prix de vente du baril de pétrole brut léger états-Unis pour avril à 3,75 dollars de moins par rapport à l’ASCI, en baisse de 7 dollars le baril par rapport à mars. Le prix de vente du baril de brut léger à destination de l’Europe du Nord et de l’Ouest a été fixé à 10,25 dollars de moins que la référence de l’Ice Brent, en baisse de 8 dollars le baril sur un mois. Premier exportateur mondial de pétrole, l’Arabie saoudite souffre depuis des semaines, comme les autres pays producteurs, de l’impact de l’épidémie de coronavirus.

Le Brent sous les 50 dollars pour la première fois depuis 2017
Les prix du pétrole baissaient fortement vendredi en cours d’échanges européens, dans un marché suspendu à la réponse de la Russie à la proposition de l’Opep d’accroître les coupes de production de 1,5 million de barils par jour.
Dans la matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait 48,64 dollars à Londres, en baisse de 2,70% par rapport à la clôture de jeudi. à New York, le baril américain de WTI pour avril perdait 2,55% à 44,73 dollars.
H. Hadjam