Mustapha Cherif

Mustapha Cherif dénonce la mise sous le boisseau des valeurs humaines, morales et spirituelles : «L’être humain est écrasé par la logique du profit !»

L’ancien diplomate et ministre, Mustapha Cherif, « Invité de la Rédaction», hier, sur les ondes de la chaine radiophonique 3, à l’occasion de la « la Journée du Vivre ensemble en paix », une manifestation retenue par l’ONU à l’initiative l’Algérie, a estimé que c’est « parce que çà va mal » sous de nombreuses latitudes dans le monde qu’il faut tout faire pour régler les conflits de « manière civilisée ». Anthropologue de formation et lauréat du prix de l’Unesco consacré au dialogue des civilisations, Mustapha Chérif a considéré en outre qu’il ne sert à rien d’entendre ceux qui cherchent à opposer les peuples, alors que « tout les appelle à vivre ensemble ». À un moment, dit-il, où le concept du « choc des civilisations » semble triompher, il ne faut pas se laisser impressionner par « les formes de diversions et de déformation de la réalité». « Aujourd’hui, regrette-t-il, si le monde va mal », c’est parce ce qu’il y a un recul du droit qui régissait les relations entre les peuples. Il y a également, selon lui, un recul du multilatéralisme qui amène de puissants pays à décider de certaines actions, en dehors du cadre des institutions internationales, « ce qui a de quoi préoccuper ». Pour autant, Mustafa Chérif considère que « le Vivre ensemble » ne pourra se réaliser que sous certaines conditions liées à l’ouverture de chaque nation sur l’universalité et à plus de justice, à un moment, relève-t-il, « où les valeurs spirituelles, morales et éthiques semblent marginalisées, et où l’humain est écrasé par la logique du profit ». L’Intervenant ne manque pas, à cet effet, de souligner la politique internationale de l’Algérie qui a, ajoute-t-il, toujours été à l’avant-garde pour ce qui concerne la défense des causes justes, notamment du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il rappelle aussi, la période où l’Algérie a été leader au sein du Mouvement des non-alignés, pour lutter contre les clivages idéologiques et donner la possibilité aux nations émergentes de s’affirmer sur la scène internationale. Il observe, de plus, que celle-ci est devenue « exportatrice de paix et du concept de prévention et de règlement des conflits par la diplomatie et de la paix universelle, donnant ainsi tout son sens au principe du vivre ensemble dans la paix.
F.O.