Hamrouche

MOULOUD HAMROUCHE : « Le contre-pouvoir est mal compris dans notre pays »

Dans une analyse livrée, hier, sur sa page Facebook, l’ancien Chef de gouvernement sous le règne de Chadli Bendjdid, Mouloud Hamrouche, a estimé que l’heure aujourd’hui pour notre pays est à la réflexion et autres questionnements, en dépit de certaines volontés qui se cachent dernières certains principes, conceptions, convictions, quelques revendications et slogans, visant à semer la discorde, la tromperie, des erreurs mortelles et mensonges dangereux.

«Les libertés collectives, la démocratie, la politique, le syndicalisme, le contrepouvoir, et le contrôle, sont mal compris et mal assimilés dans notre pays », a-t-il écrit, et sont également, a-t-il ajouté, empreints d’une insuffisance en usage, et une absence néfaste dans la pratique politique, syndicale et sociale, alors qu’elles sont en réalité nécessaires pour le citoyen et les groupes, mais aussi capitales pour la pérennité de l’État, son immunité, une gestion rationnelle du pouvoir, mais aussi la protection des gouvernants.
L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 1999 contre cinq concurrents, dont le président déchu Abdelaziz Bouteflika, avant le retrait spectaculaire des Six à la dernière minute, laissant Bouteflika seul dans l’arène, a indiqué dans sa contribution que ces pratiques sont également importantes pour la stabilité du pouvoir et la consolidation de la cohésion et de la solidarité sociales.
Et d’avertir contre les dangers qui peuvent en découler si on tourne le dos à ces pratiques.
« Ecarter ces pratiques et leurs reniements signifie l’exposition de l’immunité de l’État à des dangers imminent et mettre ses dirigeants à la merci des conjonctures ouvrant par là même une large brèche à des ingérences étrangères dans les affaires internes de notre pays », a mis en garde l’homme peu bavard mais aux analyses pertinentes de l’avis même de ses farouches détracteurs.
« On peut s’argumenter que toutes ces pratiques et conceptions sont liées à l’éveil social, à la rectitude politique ou même les considérer comme étrangères à notre culture, mais on ne peut nullement les prendre pour un danger imminent pour l’éveil et la conscience nationale, ou les présenter sous l’image d’un complot contre l’État ou d’une quelconque menace pour une gouvernance basée sur les lois et autres droits », lit-on encore dans la contribution de « l’homme au parapluie ».
Toutes ces conceptions, et leurs applications sur le terrain, enchaîne –t-il, de même pour la presse et autres réseaux sociaux sont devenus à présent des outils pour un réel exercice de la souveraineté nationale et la citoyenneté comme elles s’érigent en rempart contre toutes les formes de parasitages, d’ingérence étrangère ou toutes autres pressions et surenchères économiques et sécuritaires émanant des autres pays.
« Elles sont devenues, dans les pays qui jouissent pleinement de leur souveraineté, et dans des Nations fortes et puissantes, un élément indissociable de l’organe sécuritaire et l’un des outils de la Défense nationale. Dans ces pays, la loyauté, la fidélité, la vertu ou afficher son nationalisme ne suffisent plus pour assurer la bonne gouvernance, mais la soumission au principe du contrôle, de l’apprentissage est devenue une exigence et une obligation », a souligné celui qui est considéré à juste titre d’ailleurs comme le père des réformes en Algérie.
S’agissant de l’apport de ces pratiques et conceptions dans l’émancipation de la conscience nationale, le développement économique, social et culturel, les pays développés, explique-t-il encore, nous inondent en exemples concrets.
« Ce sont également des moyens efficaces pour lutter contre toute forme d’extrémisme, et aussi un outil pour combattre la corruption et toute forme d’incompétence, de gaspillage et de lutte d’intérêts », a-t-il conclu.
Brahim Oubellil