Mohamed Iguerb, commissaire adjoint du SILA : «Le livre en plein essor»

à l’occasion de l’ouverture, hier du 20ème Salon international du livre d’Alger (Sila), Mohamed Iguerb, commissaire adjoint du Sila, a été l’invité de la chaîne 3. Au cours de cette émission, il a déclaré que depuis longtemps l’éditeur a été considéré comme un simple prestataire de la même manière qu’un prestataire de service.

Austérité oblige, le budget du Sila, qui a ouvert ses portes hier, a été revu à la baisse. L’organisation a été dotée cette année d’une enveloppe de 91 millions de dinars, soit une réduction de 50% par rapport aux budgets des éditions précédentes. La nouvelle loi est venue justement pour combler certaines lacunes et mettre de l’ordre dans la politique du prix unique. Selon lui, il y a aussi l’obligation faite par les pouvoirs publics donc aux institutions qui acquièrent des ouvrages tout en obligeant ces institutions à acheter chez le libraire de leur région, de leur secteur. Selon l’intervenant, tous ces éléments viennent encourager l’édition et la distribution du livre dans le pays. Il y a des professionnels du livre qui doivent bouger et contribuer dans les différentes activités. Ils doivent s’impliquer en mettant à exécution les textes de lois régissant la gestion du livre dans son ensemble. Aussi, s’impliquer à travers des réunions, des séances de travail et en soumettant des propositions. Selon lui, l’édition du livre est en plein essor. Dans ce salon, les visiteurs vont constater que le nombre des maisons d’éditions grandit d’année en année et qui s’élève à 290.Concernant la promotion du livre, Iguerb a été interrogé sur la politique et l’action engagée par le département ministériel jusqu’à aujourd’hui. à cet effet, il a répondu qu’au niveau de l’Enag, leur département est sous tutelle du ministère de la Culture. Il y a une politique audacieuse engagée par les pouvoirs publics dans le sens de la promotion du livre. Le fonds spécial d’aide à la création et de la promotion du livre. Le ministère de la Culture acquiert chaque année à travers les événements jusqu’à 1500 exemplaires ce qui représente une aide considérable. Ces ouvrages sont destinés aux bibliothèques publiques et au profit du lectorat algérien. Aussi, ils sont destinés aux bibliothèques municipales au niveau des différentes communes sur tout le territoire national. Il a affirmé que le ministre de la Culture a donné des instructions pour que toutes les bibliothèques soient ouvertes jusqu’à des heures tardives. D’autre part, l’intervenant a été interrogé sur le phénomène des livres importés qui sont plus accessibles que sont édités en Algérie. Iguerb a répondu qu’il y a différentes catégories de livres dont la disponibilité fait défaut. Il y a un manque d’ouvrages concernant les ouvrages universitaires scientifiques et techniques qui ne sont pas diffusés en grande quantité. Le lecteur aura beaucoup de mal à chercher pour trouver l’ouvrage qui le concerne. L’intervenant a rappelé que les ouvrages importés coûtent beaucoup plus chers que les ouvrages édités en Algérie qui sont d’ailleurs très accessibles. D’‘autre part, il a été donné de constater que les gens lisent moins qu’avant. Iguerb a affirmé que c’est un constat qui n’est pas fait uniquement en Algérie mais aussi dans d’autres pays développés. Le livre traditionnel va-til disparaître au profit du livre numérique ? L’intervenant a répondu que le livre traditionnel ne disparaîtra pas mais pourrait dans quelques années perdre du terrain par rapport au numérique. Il a été interrogé sur le phénomène de la disparition de plusieurs librairies publiques qui se sont transformées malheureusement en d’autres activités commerciales. D’autres ont mis carrément la clé sous le paillasson. Iguerb a déclaré que le livre répond aux lois sévères du marché. Par ailleurs, il a affirmé qu’un libraire doit faire face à ses charges, aux contraintes qui pourraient éventuellement survenir dans ce métier et s’approvisionner davantage pour répondre aux besoins des lecteurs. D’autre part, il a été évoqué la création des librairies au profit des jeunes qui seraient intéressés par ce métier du livre. à cet effet, Iguerb a annoncé que des facilités de crédits seront accordées à de jeunes entrepreneurs et ce, par le biais de l’ANSEJ et de la CNAC en particulier. Selon lui, il y a aussi des formations dans le domaine de l’édition du livre au profit des jeunes qui veulent s’investir dans ce créneau. Concernant les livres censurés, le commissaire adjoint du Sila a affirmé qu’il ne s’agit en rien d’une mesure de censure. Par conséquent, il a affirmé que la commission de lecture du SILA a émis des réserves sur 106 livres. Il s’agit de tout livre faisant l’apologie du terrorisme, prônant l’intégrisme ou la violence, ainsi que ceux portant atteinte aux symboles de l’État. Par conséquent, l’intervenant a déclaré que ce Salon du livre est considéré comme la plus importante manifestation littéraire en Afrique et dans le monde arabe, en précisant que 30.000 ouvrages y seront exposés.
Lazreg Aounallah

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