Migrants africains

Mise en place d’un plan d’action pour améliorer les conditions de vie de migrants : L’Algérie met le paquet

L’image est frappante : des centaines de migrants, hommes, femmes et enfants, traversent chaque semaine, les déserts arides du Ténéré (surnommé « désert des déserts ») et de Tanazrouf, au Niger, de l’Adrar des Ifoghas, au Nord-Mali, pour atterrir, à bout de forces, dans la périphérie de Tamanrasset, Bordj Badji Mokhtar et ailleurs dans les villes frontalières de l’Algérie. Certains ne survivent pas au voyage et succombent, affaiblis et saignés à mort.

Pour l’Algérie, qui accueille une vingtaine de nationalités dans ses villes frontalières, le problème doit être résolu en urgence, et de plusieurs manières. Si le rapatriement s’impose de lui-même dans beaucoup de cas, l’action humanitaire prime dans d’autres situations.
Tamanrasset a vécu hier, et vivra pendant les prochaines semaines, une vaste campagne humanitaire destinée à améliorer les conditions de vie des subsahariens, Maliens et Nigériens surtout, et qui représentent la plus importante communauté africaine présente dans les villes frontalières, Tam, mais aussi Bordj Badji Mokhtar, Tine Zawatine, etc. L’exode massif des populations du nord du Mali et du Niger a créé de nouvelles conditions de vie, précaires et inhumaines, auxquelles est confrontée, seule, l’Algérie, devenue au fil du temps, une terre de transit vers le nord, mais aussi une terre d’exil et d’accueil. Pour Alger, il s’agira, avant de penser rapatriement, d’améliorer les conditions de vie des migrants, les femmes et les enfants surtout. Le rapatriement se fera plus tard, en concertation avec les pays concernés. L’action humanitaire touchera toutes les wilayas du sud du pays qui font face au flux migratoire.
Cette opération humanitaire d’envergure fait suite à la mise en œuvre des recommandations du Conseil interministériel du 29 mars sur la migration clandestine subsaharienne. En termes clairs, il s’agira de la mise en place de dispositifs de secours et de prise en charge sanitaire avec des moyens humains et matériels conséquents. Des milliers de subsahariens profitent depuis hier, de couvertures, d’eau potable (bouteille d’eau minérale) ; les hôpitaux ont été instruits d’accueillir les patients et de leur assurer la gratuité de l’intégralité des soins, de les doter de médicaments ; des points de restauration ont été installés aussi dans chaque grande ville frontalière, pour d’un coté, alimenter les nécessiteux et les personnes fragilisées par le long voyage en plein désert, et d’un autre côté, contrecarrer les transactions criminelles qui se font en pareilles situations (traite des Noires, passeurs, trafiquants, vente d’aliments impropres à la consommation, etc.)
F. O.