Chihab

MIS SOUS PRESSION, IL A TENU DES PROPOS ANTINOMIQUES À LA POSITION DE SON PARTI : Le RND se démarque des propos de Seddik Chihab

On aurait moins parié sur des propos allant jusqu’à dire le tout-contraire de la position politique sur le pouvoir, le président Bouteflika et la gestion des affaires de l’État, venant, de surcroît, d’un porte-parole d’un parti qui s’appelle le RND, l’un des alliés stratégiques de ce même pouvoir.

Et pourtant, peut-être par glissade ou pression médiatique, en ces temps des grandes incertitudes politiques, Seddik Chihab a provoqué un choc au sein de la direction de son parti par des déclarations antinomiques, au point où elle a réagi, dans la célérité, par un communiqué pour se démarquer de son porte-voix et de là rappeler une position qui n’aura pas changé, même avec le départ d’Ahmed Ouyahia de la tête du gouvernement.
Seddik Chihab, porte-parole du RND, en effet, a été poussé, lors d’un débat télévisé dirigé «d’une manière provocante», à s’écarter complètement des positions connues du RND, a estimé, hier, dans un communiqué, la formation politique de l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, «l’homme du pouvoir», qui a quitté la tête de la Primature le 11 mars dernier. Dans une émission télévisuelle sur la chaîne El Bilad, tenue mardi soir, le porte-parole du RND, Seddik Chihab, a déclaré que «des forces non constitutionnelles gèrent le pays», considérant aussi que la candidature du président Bouteflika, pour un 5e mandat, d’une «erreur». «Il y a des forces qui sont gênées par les partis. Il s’agit de forces non structurées. Des forces non-constitutionnelles, non organisées, etc. Elles sont partout. L’Algérie a été dirigée par ces forces durant ces cinq, six ou sept dernières années», avait accusé Seddik Chihab.
D’ailleurs, ces propos ont vite fait le tour des rédactions des sites d’informations algériens et traduits comme étant une lutte entre les clans du pouvoir, alors que la sagesse d’une lecture lucide et pertinente voudrait que l’on prenne un peu de recul pour voir clair au travers d’une position du RND qui ne souffre d’aucun quiproquo à l’égard du pouvoir et du Président himself.
«Nous avions manqué de perspicacité. Naturellement, c’était une aventure», pensait Chihab de la candidature de Bouteflika pour un nouveau mandat, dont le RND était l’un des farouches défenseurs avant que ce plan ne soit totalement anéanti, aussi bien par la pression de la rue que par le chef de l’État lui-même qui a renoncé à sa candidature pour un 5e mandat, Les propos du numéro 2 du RND ont provoqué un séisme sur la scène politique, au grand étonnement des autres partis de l’Alliance présidentielle. Pour le RND, les propos de Seddik Chihab ont été formulés durant une « interview diffusée par une chaîne de télévision nationale, d’une manière parfois provocante et ciblée» au point à amener «notre collègue à être nerveux et à s’éloigner des positions bien connues du RND ». « En réponse aux questions soulevées par un grand nombre de militants de notre parti à propos de cet incident, le RND souligne que sa position était clairement exposée dans la lettre adressée le 17 mars dernier par le SG, Ahmed Ouyahia, aux militants du parti, concernant la vision du RND de la situation sur la scène nationale, ou sur la loyauté du parti envers le président de la République, et l’adhésion au contenu des deux dernières lettres adressées à la Nation au courant de ce mois», a précisé le communiqué du RND.
Hamid Mecheri