Meriane

MÉZIANE MERIANE, COORDINATEUR DU SNAPEST : « L’école doit être à l’abri des interférences politiques et idéologiques »

Pour le coordinateur du Conseil national autonome du personnel de l’enseignement secondaire et technique (SNAPEST), Méziane Meriane, la relance de l’école algérienne reste fortement tributaire des interférences politiques et idéologiques. S’exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale Chaine III, Meriane a souligné la nécessité de réformer cette dernière, pour autant, a-t-il indiqué, qu’on souhaite évoluer vers le développement et le progrès. Pour atteindre cet objectif, il y a lieu de faire, selon lui, une évaluation du système éducatif en en dressant une évaluation et en cernant les bavures qui ont été à l’origine de son blocage, notamment, après les propositions formulées dans son rapport par la commission Benzaghou, a-t-il rappelé. Il a souligné que cette commission s’était notamment attachée à déterminer l’origine des obstacles que l’école a trouvé sur son chemin et qui l’ont empêché d’évoluer et d’atteindre les objectifs qui lui étaient assignés. Pour Méziane Meriane, afin de hâter la relance du système national d’enseignement il y a lieu d’en passer par la remédiation de celui qui l’a précédé, à travers l’introduction de réformes palliatives et l’organisation d’une constituante de l’éducation visant à mettre celui-ci, à l’abri des interférences et des ingérences. Pour cela, il a invité à dresser un état des lieux, en coopération avec l’ensemble des spécialistes des sciences de l’éducation, des  acteurs de l’éducation et de tous les partenaires sociaux afin de cerner les causes qui ont amené l’école à la situation de crise face à laquelle elle se trouve présentement confrontée. De la constituante de l’éducation, dont l’objectif tend à préserver notre école, le coordinateur du CNAPEST abonde dans le sens d’une évaluation des résultats à atteindre, en revoyant prioritairement les méthodes pédagogiques de transmission des connaissances. Pour lui, il reste à créer une école ouverte sur l’universalité et le développement. Évoquant l’enseignement technique, laissé pour compte, et dont il considère qu’il peut être d’un apport très appréciable au développement du pays, le coordinateur du SNAPEST a appelé à le réformer et non pas le supprimer. Il a jugé indispensable, d’autre part, d’établir une passerelle entre celui-ci et la formation professionnelle pour lutter contre les déperditions scolaires qui, chaque année,  rejettent 500 000 élèves à la rue. Pour le même intervenant, la question reste toujours posée de savoir qu’elle école doit-on former pour atteindre les objectifs assignés à une Algérie nouvelle et démocratique.  Pour ce qui est, par ailleurs, du projet de révision de Constitution, Méziane Meriane y voit une opportunité d’aborder des changements au niveau de l’école, mais tout en préservant, le caractère républicain de celle-ci et de la maintenir à l’écart de toutes les turbulences politiciennes. Pour préserver l’école algérienne, Meriane a estimé qu’il y a nécessité de mettre des mécanismes faits à travers des programmes et la formation des enseignants et surtout trancher définitivement sur le projet de société afin d’éviter que cette dernière ne subisse des interférences, des ingérences. À propos des examens officiels dont le coup d’envoi sera donné aujourd’hui, le représentant du SNAPEST insiste sur la nécessité de leurs réformes. S’agissant plus précisément du Baccalauréat, Meriane appelle à revenir à la durée de 3 jours d’examen au lieu de 5, et de revoir également les coefficients des matières essentielles. Il y a lieu aussi, a-t-il poursuivi, de revoir les méthodes d’examination et des questions à poser. « Celles-ci doivent être des questions d’intelligence ce qui permettra de lutter contre la triche »a –t-il recommandé.
Ania Nait Chalal