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Mesures répressives contre les enseignants grévistes : Les syndicats dénoncent un «abus de pouvoir»

Dans une circulaire adressée aux académies, le ministère de l’Éducation aurait instruit les responsables locaux de sévir contre les enseignants ayant participé à la grève du 21 janvier dernier initiée par le collectif des syndicats autonomes du secteur. En plus des ponctions sur salaires, les grévistes auront un avertissement dans leur dossier ce qui risque de les priver de promotions.

Pour le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, le ministère a pour but à travers l’application de ces mesures répressives, d’avorter la prochaine action de contestation prévue pour le mois de février prochain. Joint hier par téléphone, Amoura, qui est également représentant de l’intersyndicale, a accusé les responsables du ministère de vouloir gérer le secteur par la terreur, soulignant que face à cette attitude les syndicats ne comptent pas se taire. Selon lui : « priver un enseignant de promotion parce qu’il a fait grève est une transgression de la loi». Sachant, a-t-il rappelé, que «la grève est un droit reconnu par la Constitution». Aussi notre interlocuteur a accusé le département de Benghebrit d’abuser de son pouvoir en appelant les chefs d’établissements des écoles primaires de ne pas répondre à l’appel de grève. « Le directeur est avant tout un fonctionnaire comme les autres, et lui dire de ne pas faire grève est tout simplement un abus de pouvoir », a déclaré à ce propos le SG du SATEF. Il convient de souligner que selon certaines sources, une circulaire a été en effet envoyée par le ministère aux différentes académies du pays afin d’appliquer des sanctions strictes contre les enseignants ayant répondu à la grève de l’intersyndicale du 21 janvier dernier ainsi qu’aux rassemblements organisés dans l’après-midi du mardi 22 janvier. Dans cette circulaire, le ministère aurait demandé l’élaboration d’une liste des enseignants et les fonctionnaires ayant en effet participé à la grève afin d’appliquer des ponctions sur leurs salaires et les priver des primes de rendement. Mais pas que; le ministère a également décidé de mettre des avertissements dans les dossiers des contestataires; ce qui les privera d’emblée des promotions aux grades. Devant cet état de fait, il faut dire que le bras de fer entre le ministère de l’Éducation et les contestataires n’est pas prêt de connaître son épilogue, sachant que l’intersyndicale prévoit de se réunir vers la mi-février pour fixer une date de sa prochaine grève. Ayant qualifié les dernières rencontres de concertation avec la tutelle de superficielles, le collectif des syndicats autonomes de l’éducation avait également exprimé des réserves quant au contenu des PV ayant sanctionné ces rencontres. à rappeler que la plateforme de revendications de l’intersyndicale porte essentiellement sur des aspects socioprofessionnels et pédagogiques, à l’instar de la reclassification du personnel du service économique, celui de l’orientation scolaire et professionnelle, ainsi que les laborantins et les superviseurs, outre le maintien de la retraite proportionnelle sans condition d’âge et la mise en place de mécanismes rétablissant l’équilibre du pouvoir d’achat. Sur le plan pédagogique, les représentants des syndicats revendiquent, notamment la révision des programmes scolaires en fonction du niveau des apprenants et particulièrement ceux de l’école primaire, l’amélioration de la formation, des conditions de travail et de scolarisation, la réalisation d’un enseignement de qualité, la réduction du volume horaire pour l’ensemble des paliers en respectant le volume de travail et les tâches assignées, la préservation du pouvoir pédagogique des enseignants et la liberté d’exercer le travail syndical.
Ania Nait Chalal