Mesures d’austérité : l’import et l’évasion fiscale dans le collimateur

Pour définir les mesures de rationalisation des importations du commerce, et de lutte contre l’évasion des capitaux, deux groupes de travail ont été installés, en application des recommandations du chef de l’État. C’est ce qu’a indiqué, hier, dans un entretien à l’APS, Amara Benyounès, ministre du Commerce. Pour le premier groupe, sous la responsabilité d’Abdelmalek Sellal, Premier ministre, ses conclusions sont attendues dans «les tout prochains jours», sur ce qu’il y a lieu d’entreprendre pour le commerce extérieur. Pour le deuxième groupe, composé de représentants du ministère du Commerce et de l’administration douanière, et celle de la fiscalité, il sera en charge du «suivi, d’une manière rigoureuse, précise et permanente», selon Benyounès, de l’ensemble des transactions relatives au commerce international, afin, selon lui, «de limiter l’évasion des capitaux vers l’étranger». L’installation et les missions assignées aux deux groupes précités  interviennent en traduction des décisions prises, il y a quinze jours, lors de la tenue du Conseil restreint des ministres, qu’a présidé le chef de l’État, sur l’impact de la baisse du prix de l’or noir, sur la cadence économique et sociale du pays. Pour le premier responsable du secteur, il sera, en premier temps question d’une «étude sur  la structure réelle des importations» pour qu’ensuite intervient «la possibilité» d’opérer des réductions après identification des catégories d’importations, concernées par la réduction en question. Amara Benyounès a tenu à expliquer, à propos des étapes précitées, que celles-ci répondent au souci du gouvernement de «réagir d’une manière économique, et non à travers des décisions administratives» sur la question. Pour le responsable du commerce, la composante des importations, constituée de biens d’équipements et de matières premières agricoles et industrielles, à hauteur de 62%, concourt «à la création de la richesse nationale», a-t-il précisé. Concluant que ces catégories de produits «sont difficilement concernées» par les restrictions envisageables, en importations. Car le programme d’investissement dans les secteurs, public ou privé, selon le ministre du Commerce «nécessite l’importation d’un certain nombre d’équipements et de matières premières pour faire fonctionner les projets» Faisant fi de la décision d’abandon de certains projets, décidé lors du Conseil restreint, dont a fait part le Premier ministre, Sellal, lors de son inauguration de la Foire de la production nationale, à laquelle a pris part Amara Benyounès. Celui-ci, sur les produits alimentaires, dont les importations représentent 9 milliards de dollars, soit 17% des importations globales, observant que la majorité écrasante se compose de produits essentiels -blé, sucre et huile- qui «constituent des produits de première nécessité pour le consommateur algérien», précise le ministre. Et de lancer qu’«il est hors de question de réduire l’importation des produits essentiels» durant année en cours, affirmant que «ce n’est pas du tout envisageable». Durant les 11 premiers mois de 2014, l’Algérie a importé pour 53,29 milliards de dollars contre 50,19 milliards USD, pour rappel, par rapport à la même période de 2013, soit une hausse de 6,19%, selon les chiffres officiels. S’agissant des produits précités, le responsable du secteur s’exprime sur les produits en question, bénéficiant au citoyen algérien, dont bénéficient notamment certains opérateurs économiques, à l’exemple de ceux du secteur du lait et du sucre etc.,  il est hors de question de réduire l’importation des produits essentiels sur l’année 2015», indique-t-il, affirmant «ce n’est pas du tout envisageable». Les causes étant à l’ origine de la chute du prix de l’or noir, notamment les tensions entre Washington et Moscou, ainsi que le rôle que joue l’Arabie saoudite dans ce cadre, s’inscrivant dans la durée, continueront à influer sur le cours du prix du pétrole, et notre pays ne peut être à l’abri des conséquences. Le mot d’ordre lancé, relatif à la promotion effective du produit national, et la production nationale, ne peut faire les frais d’attendre, au regard de la dépendance de notre économie, à plus de 97%, aux hydrocarbures.

«Aujourd’hui, nous avons la chance de ne pas avoir de dette extérieure, et d’avoir des réserves de change qui peuvent nous permettre de tenir, entre trois et quatre années», a indiqué Benyounès, soulignant que «la vraie solution pour l’Algérie réside dans la diversification de son économie, à travers la relance des secteurs de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme».
Sur la définition du montant-plafond des importations à ne pas dépasser, durant cette conjoncture, cela dépendra de «l’évolution du marché pétrolier et des équilibres macroéconomiques, et budgétaires, durant les deux à trois prochains mois,  pour décider, ou non, de l’élaboration d’une loi de finances complémentaire, qui déterminera les ajustements», a-t-il soutenu.
Karima Bennour

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