Guardiola-Mahrez

Manchester City : Guardiola deux ans de plus pour parachever son œuvre

Il incarne le beau jeu «à la barcelonaise» et s’est fixé comme mission d’apporter le triomphe européen à Manchester City: Pep Guardiola a prolongé jeudi jusqu’en juin 2023 son contrat d’entraîneur du club anglais.

«Manchester City a le plaisir d’annoncer que Pep Guardiola a signé un nouveau contrat de deux ans avec le club», ont écrit les Citizens dans un communiqué en milieu de journée, mettant fin à un suspense de façade. Du côté du club comme de l’entraîneur, la volonté de poursuivre l’aventure débutée en 2016 avait été maintes fois exprimée. Ni la perte du titre de champion la saison passée après deux sacres consécutifs (2018 et 2019), sans jamais avoir réussi à réellement contrarier Liverpool, ni l’élimination douloureuse en quart de finale de la Ligue des champions par Lyon (3-1) n’avait semblé fragiliser le lien entre l’institution et l’homme. À 49 ans et en un peu plus de quatre ans, le Catalan a imprimé sa marque sur le club qui n’a pas hésité à mettre entièrement sa destinée entre ses mains. Avec le directeur du football Txiki Begiristain et le président Ferran Soriano, il forme une véritable «Barça-connection» au cœur du club émirati.

Soif dévorante de succès
Formé dans le club catalan, où il a évolué 11 ans comme milieu de terrain (1990-2001), c’est aussi là qu’il a basculé dans la carrière d’entraîneur (2008-2012). Une première expérience couronnée déjà de trois titres de champions (2009-2011), de deux Coupes d’Espagne (2009, 2012) et surtout de deux Ligue des champions (2009, 2011). Avant d’arriver dans le nord de l’Angleterre, il avait fait un crochet par la Bavière et une expérience au Bayern Munich riche en titres – trois championnats et deux Coupes d’Allemagne en trois saisons. Une soif dévorante de succès qu’il a su transmettre à City. Il a «conduit l’équipe à huit titres majeurs (deux titres de champion, une Coupe d’Angleterre, trois Coupes de la Ligue, deux Community Shields, ndlr)», mais il a surtout «transformé (son) style de jeu», a souligné le club dans son communiqué. La philosophie de son City s’inspire de celle du Barça dans ses grandes lignes: un goût prononcé pour la possession de balle, un gros pressing et un jeu collectif très élaboré. Mais Guardiola aime aussi expérimenter d’infinies variations tactiques, nécessitant des joueurs avec une grande polyvalence et un sens de l’adaptation aigu que seul un club richissime comme City peut lui offrir.

«Continuer à nous améliorer»
Il affiche un taux de victoires en match de près de 74% avec le club anglais, similaire à celui qu’il avait déjà atteint avec Barcelone (72,5%) ou le Bayern (75,2%). Il a établi quelques records qui pourraient durer, devenant par exemple le premier coach à atteindre 100 points sur une saison de Premier League en 2017/2018, année où son équipe avait aussi été la plus prolifique de l’histoire avec 106 buts inscrits. «Le défi pour nous sera de continuer à nous améliorer et à évoluer, et je suis très motivé à l’idée d’aider Manchester City en cela», a-t-il pourtant expliqué dans le communiqué. Car, plus qu’une reconnaissance pour services rendus, cette prolongation sera l’occasion pour le Catalan d’essayer d’effacer ce petit goût d’inachevé lié à ses échecs répétés en C1. Depuis les deux trophées avec Barcelone, il a régulièrement échoué dans sa quête de gloire européenne, parfois avec des choix stratégiques forts âprement discutés ensuite. «C’est sur ça que je serai jugé. Si nous ne gagnons pas (la Ligue des champions) dans ma dernière période ici, alors j’aurai échoué ici. Je le sais», avait-il confié en février. Avec ce nouveau contrat, il s’est donné trois chances – la saison actuelle et les deux prochaines – pour vaincre cette malédiction et achever de convaincre la poignée de sceptiques qui ne voient pas en lui le meilleur entraîneur du monde.