Madani Mezrag hors circuit ?

Dans un communiqué parvenu, hier, à notre rédaction, des ex-membres de l’AIS (Armée islamique du salut) regroupés autour d’une structure nationale mise en place il y’a une semaine, ont exprimé leur opinion au sujet des derniers développements politiques qui marquent la scène nationale.
D’emblée, les rédacteurs du document mettent en avant leur attachement au principe de l’instauration d’un état civil et de son caractère républicain, seuls à même de parachever l’accomplissement de la citoyenneté au profit de tous les enfants du peuple algérien et lesquels permettent aussi, selon eux, de garantir les libertés dans le cadre des constantes nationales. Ce message sonne comme un soutien et un appui à la politique menée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à travers son programme de réforme politique, annoncée depuis 2011. D’ailleurs, ce groupe se réclamant de l’ex-bras armé du FIS (Front islamique du salut) n’ont pas manqué de revenir sur la question de la révision de la Constitution, dont ils mettent le doigt notamment sur «l’importance suprême de l’instauration d’un état institutionnel basé sur la séparation des pouvoirs», pouvait-on lire dans le même communiqué daté d’avant-hier mardi, et lequel portant la signature de Mustapha Kebir, en sa qualité de coordinateur national de l’AIS. En se référant à la Déclaration de Novembre 54 comme principe fondamental de la base politique de l’état algérien, le même texte poursuit : «En reconnaissance aux sacrifices consentis par les martyrs et des chouhada pour la liberté, l’indépendance et la naissance de l’état algérien démocratique et social, souverain dans le cadre des principes islamiques», «l’ex-AIS reste fidèle à la chère partie» qui fait face aux bouleversements régionaux, notamment devant «la convoitise du néocolonialisme», a-t-on indiqué. Et à l’ex-AIS, d’assurer de son soutien de tout travail ou effort et de toute initiative visant à mettre à l’abri le pays, ses institutions et son peuple de toute «dépendance» étrangère ou interne sous quelque forme qu’elle soit, a-t-on encore souligné. Dans le même contexte, les membres de l’aile armée du FIS ont fait part de leur soutien et leur «dévouement corps et âme» envers toute personne s’inscrivant dans cette «démarche nationaliste noble», pour peu que celle-ci vise l’intérêt du pays et son peuple, ajoute le même communiqué. En revenant sur la mouture de l’avant-projet de la Loi fondamentale du pays, les membres de l’ex-AIS saluent les dispositions apportées dans ce texte de loi. Ainsi, ils considèrent que les récentes réformes présidentielles «ont rétabli l’équilibre entre les pouvoirs et doté des missions que leur confère la Constitution». Une raison qui fait dire à ce même groupe que ces mêmes réformes sont dans une bonne voie. Enfin, à travers ce document, ces membres de l’ex-phalange armée souhaitent que ces mesures politiques puissent être à la hauteur de leurs attentes en matière de paix et de la réconciliation nationale, afin de parachever, ont-ils précisé, ce qui a pu être fait auparavant, allusion à la Charte pour la paix et la Réconciliation nationale, projet cher à Abdelaziz Bouteflika. Joint hier par téléphone pour en savoir davantage sur les auteurs de ce document, Mustapha Kebir a éclairé davantage sur qui s’apparente à une entreprise consistant à redresser l’ex-AIS dont notre interlocuteur s’en réclame la majorité «absolue» des membres. «Notre mouvement remonte à 2012, lorsque nous nous sommes entendus sur le principe de restrcuturer l’organisation (ex-AIS, ndlr).
Notre objectif étant d’œuvrer à la recherche de solutions pour les problèmes qui se posent au pays», dira d’emblée ce coordinateur qui dit que leur mouvement s’adjuge du soutien des membres de l’Est, ceux du Centre et une partie de l’Ouest du pays. Interrogé au sujet de Madani Mezrag, leader de l’ex-AIS qui ambitionne de lancer un parti politique, Kebir dit se démarquer de cette initiative qui ne tient par la route selon lui.
Il a indiqué que Mezrag n’est plus n’est moins qu’un membre de l’ex-AIS, même s’il a précisé que celui-ci n’a pas rejoint ce mouvement de redressement. En poursuivant, Kebir a révélé que cette structure a été mise en place la semaine dernière, lors d’une rencontre dont il n’a pas précisé le lieu.
Farid Guellil