Lutte contre le sida : la ségrégation des séropositifs à l’index

La présidente de l’Association El-hayet pour la protection et la lutte contre le sida, Lahoual Naouel, s’élève contre la stigmatisation et la marginalisation des médecins pour les personnes séropositives, plaidant pour leur insertion dans la société et les aider à mener une vie active. Poursuivant sa compagne de sensibilisation et d’information sur cette maladie transmissible, menée à travers différentes wilayas conjointement avec l’association d’aide et d’information sur la drogue et le Sida (AIDS), la présidente de l’Association El-hayet, dénonce certains comportements de stigmatisation et marginalisation à l’encontre de cette frange dans la société. Un comportement constaté notamment chez certains médecins et professionnels de la santé qui évitent, de crainte de se faire atteindre par la maladie, de prendre en charge les malades, favorisant ainsi la propagation de cette nathologie. Sur ce point, notre interlocutrice estime que tout ça fait partie des risques professionnels qu’il faut assumer, tel le cas dans d’autres métiers. À cet effet, elle a déclaré que son association avait déposé, en 2006, 2008 et 2010, plusieurs plaintes auprès du ministère de la Santé dans lesquelles elle a exposé, preuves à l’appui, des cas auxquels des médecins, dentistes, sage-femmes et autres évitaient de prendre en charge des personnes séropositives. «Malgré les actions menées par le ministère de tutelle en créant notamment une cellule d’éthique médicale et des circulaires imposant la prise en charges des malades, cette frange de la société continue malheureusement, de subir dans le silence le même sort » a-t-elle regretté. Outre la discrimination anonyme dans le traitement de ces malades, Lahouel soulève que les séropositifs souffrent, de nos jours, de l’isolement dans la société, plaidant pour leur insertion sociale dans les écoles ainsi que le monde du travail, en sachant que cette maladie est transmissible mais non contagieuse.

Cet état de fait demeure, ajoute la même personne, un facteur encourageant la propagation de cette maladie en Algérie, en sachant que des personnes, de peur de subir le même sort dans la société, hésitent de faire le dépistage ou bien se déclarer séropositives même au sein de la famille. C’est d’ailleurs dans cette optique que les deux associations (El hayet et AIDS), à travers une campagne qu’ils mènent, pendant les vacances, à travers différents coins du pays, focalisent leurs travaux de sensibilisation et d’information des professionnels de la santé ainsi que des personnes atteintes du Sida, sur l’éthique du métier et le droit d’accéder aux soins. En plus des circulaires émises par le ministère de la Santé, 10 centres de prise en charge anonyme sont mis en service à travers le territoire national, éparpillés en fonction du nombre de personnes atteintes par région.
Ces services, dans le but d’assurer l’anonymat, travaillent souvent en utilisant des codes au lieu de mentionner les noms des patients ainsi que la liberté de choix du centre de traitement. Signalons que, parmi les objectifs retracés par l’Algérie dans la lutte contre le Sida, figure, entre autres, l’élimination de la discrimination et la stigmatisation des personnes déclarées séropositives.
Salim Nasri

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