Mohamed Loukal

LOUKAL APPELLE LES BANQUES à PLUS DE RIGUEUR DANS LA COLLECTE DES RESSOURCES : Un montant à bancariser de 4 500 mds de DA

Considérant que la collecte des ressources est l’un des « talons d’Achille » de notre système bancaire », le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a invité, hier, les banques privées et étatiques, à « développer davantage d’agressivité commerciale en matière de la collecte des ressources, notamment en direction de la masse monétaires non bancarisées ». Confirmant qu’il « y a 4 500 mds de DA qui n’intègrent pas le circuit bancaire national, dont 2 500 mds de DA thésaurisés chez des particuliers », le premier argentier du pays a jeté la carte au dos des banques qui doivent améliorer leurs offres et services pour attirer ces sommes.
S’exprimant lors de la cérémonie d’installation du nouveau P-DG de la Banque nationale d’Algérie (BNA), M. Ferahta Miloud, le ministre a affirmé que « l’amélioration et le développement de l’intermédiaire bancaire devrait nécessairement reposer sur la modernisation des systèmes d’information des banques ». Ces systèmes permettront une meilleure maîtrise du cadre managérial et de la gestion des banques, a-t-il soutenu.
Il s’agit aussi, selon le ministre, de la modernisation des banques et établissements financiers qui devrait se tourner résolument vers la numérisation, vecteur puissant, pour une  » plus large inclusion financière, tant en terme de collecte de l’épargne qu’en terme de facilitation de l’accès au crédit ». Le ministre a également souligné que « la mise à niveau permanente de la ressource humaine des banques et de sa qualification, est capitale, en vue d’aborder la réforme financière par une aptitude plus marquée face aux nombreux défis, notamment à l’égard de nouveaux métiers induits ». évoquant la réforme de la gouvernance des banques publiques, M.Loukal a indiqué que  » dans la sphère bancaire, la réforme de la gouvernance des banques publiques, récemment décidée par le gouvernement, doit constituer, dans ce cadre, un axe stratégique majeur guidé par les principes d’autonomie, l’efficacité et l’obligation de performance ».
Cette réforme « doit constituer le signal fort de l’orientation des nécessaires réformes bancaires, à même de promouvoir la concurrence et davantage d’efficacité dans l’intermédiation bancaire », a-t-il ajouté. Elle vise à « rehausser l’activité bancaire, à travers une meilleure gouvernance des Banques publiques, compte tenu de leurs poids dans la sphère bancaire et financière et des défis qui leur sont assignés, en matière de performance, d’efficience managériale et d’approches prospectives », a expliqué le premier argentier du pays. Selon lui,  » il s’agit, à travers cette réforme (réforme de la gouvernance des banques publiques ndlr), de l’amorce du processus de mise à niveau des banques publiques, afin de leur permettre d’agir en vecteur de développement économique du pays, en matière de bancarisation, d’inclusion financière et de financiarisation de l’économie pour une croissance inclusive ». Il a, dans ce cadre, réaffirmer que le début de la mise en œuvre « effective » des réformes dans les banques publiques, se fera à partir du 15 décembre courant, à travers l’intégration d’administrateurs indépendants au sein des Conseils d’administration de chaque banque.
Lamia Boufassa