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L’Opep et ses alliés parviennent à un accord de baisse de la production : Les prix du pétrole reprennent des couleurs

L’Opep et ses alliés, qui représentent plus de la moitié de l’offre pétrolière mondiale, vont abaisser leur production de 1,2 million de barils par jour pour les six prochains mois, selon les termes d’un accord scellé avant-hier à Vienne. L’accord n’a pas tardé à redonner des couleurs au cours du pétrole.

Cette réduction serait portée à hauteur de 800 000 barils quotidiens par les quatorze pays de l’Opep et de 400 000 par ses dix partenaires dont la Russie. Elle sera calculée à partir des niveaux de production d’octobre et fera l’objet d’un examen d’étape en avril 2019. Selon les explications de l’OPEP, la réduction, correspondant à un peu plus de 1% de la production mondiale, est destinée à rééquilibrer le marché et à enrayer la chute des cours, qui ont dévissé de 30% en deux mois dans un contexte de surproduction chronique.
La décision n’a pas manqué à impacter les prix du pétrole. Les cours de l’or noir ont terminé en nette hausse vendredi après l’annonce de cette décision: le Brent (pour livraison en février) a augmenté de 1,61 dollar pour clôturer à 61,67 dollars, tandis que le WTI américain (pour livraison en janvier) s’est apprécié de 1,12 dollar pour finir à 52,61 dollars. La baisse « devrait aider le marché à atteindre un équilibre plus tôt », a assuré le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, dont le pays est le deuxième producteur mondial, reconnaissant que les discussions avaient été « complexes ». « En l’absence de décision, le prix du pétrole aurait pu dégringoler, ce qui aurait eu «une influence négative sur le secteur des hydrocarbures et sur les indices économiques», a-t-il affirmé. Notons qu’il aura fallu deux jours de pourparlers pour arriver à un consensus. En effet, les négociations butaient sur la répartition des quotas de baisse, chaque producteur réclamant des efforts à ses partenaires.
La Russie estimait qu’il lui était « difficile » de réduire son offre en plein hiver compte-tenu des besoins du pays à cette période. L’Arabie saoudite, troisième producteur mondial, doit pour sa part faire face à la pression américaine, à un moment où le royaume est affaibli par les répercussions diplomatiques de l’affaire Khashoggi. Pour rappel, Donald Trump avait exigé mercredi de l’Opep, qui pompe le tiers du brut mondial, qu’elle maintienne sa production à un niveau élevé. Le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh, a répondu que la hausse récente de la production saoudienne, parfois interprétée comme un geste à l’égard de Washington, « n’était pas politique ».
L’équilibre entre offre et demande est difficile à atteindre, et l’Opep se réunira donc dès avril prochain pour évaluer l’effet de ces nouvelles baisses de production qui entrent en vigueur en janvier. Pour sa part, l’ennemi de l’Arabie saoudite, l’Iran, a été exempté des baisses de production, comme l’ont été la Libye et le Venezuela, dont les industries pétrolières souffrent de perturbations. « Ces exemptions signifient que tous les autres pays vont devoir faire un petit effort supplémentaire », a expliqué le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Souheil al-Mazrouei. Une chose est sure cette baisse de la production va resserrer l’équilibre du marché pétrolier à partir du troisième trimestre de 2019, affirment les spécialistes. La baisse était nécessaire pour stabiliser les prix, notamment dans la perspective d’un ralentissement de la croissance mondiale et alors que les Américains, premier producteur mondial de pétrole, pompent à leur guise.
Lamia Boufassa