Migrants africains

L’Europe veut installer des « plates-formes de désembraquement » en Afrique du Nord : Le «non» de l’Algérie et du Maroc fausse le «jeu»

On s’attendait à ce que les pays de l’Europe nous sortent quelque chose de «pas net» de leur long conclave, mais pas à ça ! Après des heures de négociations, les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne (UE), réunis en sommet à Bruxelles, sont parvenus à s’entendre sur le dossier migratoire. Et quelles en furent les décisions ? Tenez-vous bien : Primo, les dirigeants se sont entendus pour instaurer un système «volontaire» de centres dits «contrôlés», en Europe, avec l’objectif de tenter de gérer de manière moins chaotique les futurs bateaux arrivant de Libye et entrant dans les eaux internationales et que, dans le respect du droit de la mer, les Européens se doivent de secourir.
Secundo : le Conseil européen invite «à examiner sans tarder le concept de plateformes régionales de débarquement, en coopération étroite avec les pays tiers concernés ainsi que le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU et l’Organisation internationale pour les migrations, de l’ONU.»
Selon des experts présents à Bruxelles, ce concept de «plates-formes de désembarquement» des migrants hors de l’UE est emprunté au HCR. «Il est toutefois encore vague». Ils disent aussi que les centres « pourraient se situer dans des pays d’Afrique du Nord».
sans une première déclaration, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déclaré, jeudi dernier, que son pays rejetait l’idée de tels centres. Le président albanais s’y est également opposé. La Tunisie n’est pas non plus favorable. L’Algérie rejette depuis 2005 l’idée d’un «centre de rétention», émise par l’UE à l’époque de la mandature de Belkhadem (2006-2008) à la tête du gouvernement. L’Algérie a refusé de «parquer» les subsahariens, et en même temps avait mis l’Europe devant ses responsabilités. L’Algérie étant un pays de transit, sert à son corps défendant de bouclier aux Européens. Bon an, mal an, elle fait refluer entre 6000 et 8000 migrants, directement et indirectement, vers leurs pays d’origine. Ce travail a un coût, celui de la sécurité. Mais pour le moment, l’Europe ne cherche ni à solutionner le problème à la source (développement des régions enclavées et pauvres), ni dans ses conséquences, c’est-à-dire en payer le prix.
F.O.