Les techniciens, de maintenance d’Air Algérie maintienne le mot d’ordre de grève : Course contre la montre pour désamorcer la crise

La grève du Syndicat des techniciens de la maintenance avions (SNTMA), arrêtée et maintes fois réaffirmée pour le 31 juillet prochain, risque de perturber gravement le trafic aérien d’Air Algérie et son programme de vol. L’enjeu est de taille pour ne pas interpeller la conscience de la tutelle ministérielle, surtout après l’échec de la Direction générale de la compagnie de faire reculer les initiateurs de ce mouvement social.
Profitant de sa visite de travail, faite jeudi à Alger, le ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, a invité les près-grévistes à privilégier la voie du dialogue et à faire preuve de «rationalité». «Toutes les portes du dialogue sont ouvertes pour les représentants des travailleurs», a-t-il assuré à l’adresse de tous les partenaires sociaux d’Air Algérie. Zaâlane ne cite pas nommément le SNTMA, mais il y fait allusion, sachant que c’est la seule entité syndicale à avoir boycotté la réunion du 16 juillet dernier, tenue entre la DG de la compagnie et les délégués des différentes factions syndicales de l’entreprise.
Sur cette même réunion, qui s’inscrit dans l’élan de dialogue social en cours et entamé entre les deux parties, le ministre dit être «satisfait des résultats», si ce n’est l’exception SNTMA, lequel syndicat refuse d’obtempérer et va jusqu’au bout de ses revendications.
Un couac qu’il conviendrait de lever et vite au risque de jeter, mardi prochain, le trafic aérien dans la paralysie. D’ailleurs, c’est surtout l’impact qu’induirait cette grève ouverte qui interpelle le ministre Zaâlane. En pleine haute saison estivale en effet, où des pics en terme de flux des voyageurs, sont enregistrés au niveau de l’aéroport international d’Alger, ajouter à cela les vagues des hadjis algériens en partance vers les Lieux Saints de l’Islam, cette grève risque de chambouler tout le trafic aérien d’Air Algérie.
Conscient des conséquences difficilement gérables d’un tel mouvement, Zaâlane tente un exercice pédagogique avec le syndicat récalcitrant. «Le travail dans le domaine du transport aérien n’assure pas une marge bénéficiaire importante tout en restant exposé à tout moment à des déséquilibres imprévisibles», a-t-il indiqué comme pour moraliser la vie syndicale. Aussi, en mettant en avant le risque de «déséquilibres imprévisibles», le ministre en appelle au «professionnalisme» et au «patriotisme» des initiateurs de l’appel à la grève, pour ne pas compromettre et la saison estivale et la saison du Hadj 2018.
Il convient de rappeler que les revendications des travailleurs du compartiment maintenance avions d’Air Algérie tournent autour de l’amélioration des conditions socioprofessionnelles. Essentiellement, la révision de la grille salariale, la promotion des statuts des salariés et la confirmation des contractants en CDD.
Farid Guellil