Ordures

LES RUES ET LES BOULEVARDS D’ALGER INFESTÉS : Les ordures envahissent nos espaces

La saison estivale a déjà commencé depuis le 21 juin dernier. La canicule s’installe, ces dernières semaines notamment, avec son impact sur les ordures qui s’entassent à travers les quartiers d’Alger. Un état de fait qui rend plus ardue la vie quotidienne des citoyens, craignant des épidémies ou de contracter des maladies outre les odeurs nauséabondes qui se dégagent des amas d’ordures entassées au pied des bâtiments, et assez souvent à proximité des magasins.

Reportage réalisé par Lilia Sahed

En effet, en faisant un tour dans les grandes rues et boulevards d’Alger tels que Didouche Mourad, Amirouche, Place Audin et autres grands axes, on remarque tout de suite la propreté, mais dès qu’on emprunte une ruelle, l’environnement est tout autre, et le décor des ordures est insupportable. Les déchets et les ordures occupent les coins des espaces et des allées, jetés à même le sol, en l’absence de bacs d’ordures ou simplement parce qu’ils sont complètement débordés et n’ont pas encore été vidés.
À midi pile, on trouve un monde fou dans les fast-food et les pizzeria pour déjeuner, c’est normal… Mais ce qui n’est pas normal c’est la nouvelle culture de ces commerçants qui mettent leurs poubelles, juste devant l’entrée de leurs commerces, sous prétexte qu’«il n’y a pas assez de place pour la mettre à l’intérieur» comme nous l’a indiqué, l’un d’eux, et ainsi, explique-t-il «on invite les clients à jeter les déchets après avoir terminés de manger» en sortant des fastfoods, des espaces qui manquent cruellement de signe de propreté, dont celle des tabliers des employés. Mme Djamila, qu’on a rencontré devant une pizzeria à Alger-Centre, non loin de l’Hôpital Mustapha, nous dira, que «le décor des poubelles remplies de déchets juste devant la porte ne donne pas envie de rentrer pour manger» et «commerçant ne sait même pas gèrer ses déchets, comment peut-il gérer sa cuisine ?» nous lance-t-elle, en affichant un air étonné de voir certains y manger sans se soucier des normes de l’hygiène, sans manquer d’avertir que ce genre de situation «c’est une menace sur la santé publique et les contrôleurs laissent faire».
En descendant plus bas vers la rue Mustapha Ferroukhi, on ne remarque pas, cette fois-ci, un fast-food mais une rôtisserie et pas loin de sa porte une poubelle qui vient de se vider, et des déchets jetés par terre, et pourtant à la rue Hamidi Belkacem qui est située pas loin de la précédente, où il est écrit clairement sur le mur qu’il était interdit de jeter la poubelle, le message est complètement ignoré, visiblement par les commerçants, dont le soucis premier est le gain facile, même au détriment de la santé et du bon vivre. Ce phénomène n’est pas propre uniquement à Alger centre, c’est le cas aussi dans les autres quartiers. À Ouled Fayet, à titre d’exemple, où on trouve dans certains quartiers et même au centre-ville, des situations d’insalubrité et des images désolantes d’ordures entassées un peu partout…
Les citoyens déplorent cette situation à cause du manque de bacs à ordures, suffisant, au vu de la cadence soutenue du rythme de vie des habitants de Ouled Fayet, en plus du manque d’employés à Net- Com, en nombre suffisant, pour pallier à l’abondance des ordures, car le nombre d’habitants à considérablement augmenté, ces dernières années. Autre problème, qui est le casse-tête, surtout des citoyens consciencieux ; le problème de la prolifération des décharges sauvages. Un décor désolant s’offre aux citoyens, à longueur de journée comme de nuit, et on y voit même du pain jeté avec d’autres déchets ménagers.
Lassés de cette situation, les riverains de ce quartier lancent un appel aux responsables des entreprises de nettoyage et de collecte des ordures afin de renforcer les brigades de nettoyage des quartiers, notamment dans les nouvelles cités, des espaces de saleté, qui ont généré aussi d’autres problèmes, dont celui des chiens errants, outre des moustiques. Certains habitants rencontrés, dénoncent aussi «le cumul d’ordures dans des caves».

Les déchets supplantent les ventes informelles
De jour comme de nuit, la Place des Martyrs ne se vide pas de monde. Envahie tous les jours et notamment la nuit par des centaines de commerçants qui installent leurs marchandises anarchiquement sur les trottoirs et même sur les petites routes qui mènent de la fameuse mosquée «Ketchaoua» vers la grande placette de «Sahet Echouhada (Place des Martyrs)». Les déchets qu’il laissent derrière eux sont vraiment énormes, car on remarque en fin de journée des centaines de cartons et de sacs en plastiques qui traînent partout, défigurant l’espace de la Place des Martyrs et ses alentours. Les ordures des commerçants de l’informel et même de certains magasins, offrent un décor désolant et les agents de nettoyage galèrent, très tôt chaque matin que Dieu fait, pour le ramassage des cartons et les sachets plastiques d’emballage et d’autres ordures que génère le marché informel de Sahet Echouhada, partant de Zoudj Aïoune (les deux sources, NDLR) à Bab Azzoune… Les citoyens s’interrogent «S’il y a beaucoup d’ordures, pourquoi les entreprises de nettoyage ne recrutent pas plus d’agents de nettoyage pour renforcer leurs effectifs ?», notamment en cette saison d’été où il y a beaucoup de chaleur, «et quand on dit chaleur, on dit bactéries, épidémies, moustiques et j’en passe» nous lance une citoyenne de la Casbah.
L. S.

MARCHÉ INFORMEL
La rue Larbi Ben M’hidi envahie par les vendeurs d’Or
Le marché informel de vente d’Or est un nouveau phénomène qui a envahi la capitale depuis quelques années, car en marchant dans la rue de Larbi Ben , par exemple, on est directement agressé par ces vendeurs-là, qui restent debout tout au long de cette rue, et dès que quelqu’un passe ils courent vers lui, en lui proposant des offres attractives d’achats ou de vente d’or. Cela se passe devant le siège de l’APC d’Alger centre, où ces vendeurs informels s’assoient tranquillement sur les bancs juste devant l’entrée principale du siège et dérangent les passants tous les jours.
La Place Émir Abd el kader, où il y a sa fameuse statue qui est censée être un lieu culte et symbolique, à cause du fameux Milk bar, qui témoingne jusqu’au jour d’aujourd’hui de la résistance de l’Algérie durant la période coloniale, et cela par les portraits des Moudjahidine qui sont encore accrochés sur le mur. De l’autre côté aussi on trouve la célèbre librairie duTiers Monde. Les citoyens et les passants de cette rue s’expriment tout le temps sur leurs mécontentements de cette situation qui dure depuis longtemps, en absence totale des autorités.
L. S.