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LES ROBES NOIRES APPELLENT À L’APPLICATION DE L’ARTICLE 7 DE LA CONSTITUTION : «Bensalah et sa démarche ne sont pas un mécanisme de transition »

Alors qu’ils comptent maintenir la pression notamment à travers leur mobilisation dans le sillage du mouvement populaire pacifique pour le changement du système politique en place, les avocats magistrats ont tenu, hier, leur sit-in, à travers le pays.
En réponse au mot d’ordre de l’Union nationale des ordres des avocats (UNOA), les robes noires ont tenu, hier un rassemblement, pour la troisième fois consécutive, après les deux mouvements ayant marqué mercredi, jeudi et vendredi derniers. Ainsi, les avocats ont boycotté les activités judicaires au niveau de toutes les cours de justice à travers le pays. À Alger, le débrayage des robes noires a été marqué par leur rassemblement au niveau de la Cour d’Alger, à Hussein Dey. Rencontré sur place, Noureddine Benissad, président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), nous a affirmé que «les avocats appellent à l’application de l’article 7 de la Constitution» qui stipule, a-t-il poursuivi, que «le peuple est la source de tout pouvoir». Poursuivant, il nous dira que les avocats, à travers leurs actions de protestations, observées à travers l’ensemble des régions du pays «veulent exprimer pacifiquement, leur détermination et attachement à l’édification d’un État de droit dans le sillage des revendications portées depuis le 22 février historique par les millions d’Algériennes et d’Algériens qui descendent pacifiquement dans la rue, chaque vendredi, pour exiger un changement démocratique radical et l’édification d’un État de droit.» Pour Maître Benissad, «l’insistance du système en place sur l’application de l’article 102 ne ferait que perdurer la crise exceptionnelle, à laquelle est confronté le pays et le maintien du système politique en place, dont le peuple exige le départ.» rappelle-t-il. Selon Benissad, l’application de l’article 102, demeure une décision qui va à l’encontre des revendications légitimes du peuple algérien qui est garanti par la Constitution, à travers l’article 7» précise le président de la LADDH. « Si Bensalah est maintenu à son poste et qu’il maintient toujours le cap à organiser une élection présidentielle» cette démarche, souligne-t-il «n’est plus un mécanisme de transition.» Dans ce sillage le président de la LADDH, n’a pas manqué l’occasion pour réaffirmer «le rejet des robes noires de l’élection présidentielle du 04 juillet prochain», précisant qu’«il faut respecter et concrétiser la volonté du peuple à choisir son propre gouvernement de transition. »Plus explicite, Benissad affirme que «la crise que connaît le pays est «d’ordre politique avant d’être constitutionnelle», cela avant d’estimer qu’elle «nécessite des solutions politiques acceptées par le peuple, dont une transition dirigée par des personnalités crédibles, soit ceux et celles qui sont au rendez-vous des vendredis.» Par ailleurs, il y a lieu de noter que les actions de protestations des robes noires ont également comme mot d’ordre «l’indépendance de la justice.» à souligner aussi, que le mouvement de débrayage est appelé à se poursuivre jusqu’à aujourd’hui au niveau de toutes les cours de justice du pays, sauf, faut-il le rappeler «pour délais et rendez-vous en vue de préserver les droits des justiciables», comme indiqué, dans un communiqué de l’UNOA.
M. A.