Les relations interarabes suspendues aux lèvres des supporters de football

Par : F. O.

Dans un autre contexte, dans une autre vie, serions-nous tentés de dire, les relations interarabes se nouaient et se dénouaient sur des bases aussi solides que l’étaient le baasisme, le panarabisme, le nationalisme post-ottoman, le panislamisme, etc. Toute une gamme d’alliances politiques et économiques qui faisaient plier l’Occident, comme le prouve encore l’embargo pétrolier de 1971.
Aujourd’hui, aux temps maudits de la faillite politique, on demeure suspendu aux lèvres des supporters de l’USMA, pour faire la tête, au tifo de Ain M’lila pour que Riyad fasse de même, aux propos non mesurés de Haftar, pour faire craindre le pire. Des «coups de froid» officiels entre États arabes ont été le fait de querelles de chanteurs et de danseuses du ventre, des accords politiques ont vacillé au gré des matchs de football et de défaites sportives.
Il est vrai que la grande politique a été le fait de grands hommes, comme la petite politique, populiste et à effet d’annonce est le fait de petits politiciens.
Cela nous ramène au match USM Alger-Forces aériennes d’Irak, durant lequel les supporters du stade de Bologhine ont scandé « Allah Akbar, Saddam Hussein », ce qui a fortement déplu aux joueurs de ce club irakien qui ont quitté le stade sur injonction de leurs dirigeants.
Sur le plan politique, c’est « nul » comme réaction à des propos d’une minorité de jeunes, alors que sur le plan sportif, l’USMA, ce n’est pas nul, puisque elle menait au score par 2 à 0 avant l’arrêt de la partie, et elle est de ce fait qualifiée au prochain tour.