Les enquêtes annoncées par les pouvoirs publics sur les récents incendies de forêt meurtriers qui ont touché le Centre et l’Est du pays, et qui ont été menées par les services de sécurité sous la supervision du ou des procureurs de la République territorialement compétents, commencent à livrer les premiers suspects pris la main dans le sac en train de déclencher des incendies de broussailles ou de forêts. Une dizaine de jours a suffi pour que les éléments de la BRI relevant de la DGSN et le service compétent de la Gendarmerie nationale, qui ont mené des investigations sur le terrain, mettent la main, avant leur présentation devant la justice, sur quatre pyromanes présumés qui étaient surpris, à Tizi Ouzou et à Sétif, en flagrant délit de commettre des actes d’incendie. Les personnes accusées ont-elles mis le feu volontairement ? Et pour quel motif ? Le 29 août 2026, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a, lors d’un point de presse à l’issue de sa visite des blessés des incendies pris en charge à l’hôpital des grands brûlés de Zéralda, annoncé que la piste criminelle n’est pas exclue par les enquêteurs. Quelques jours plus tard, les premiers résultats des enquêtes confirment la thèse de l’acte criminel. Pour deux pyromanes parmi les quatre, ils ont été surpris (Tizi Ouzou) en train de mettre le feu par des citoyens qui ont documenté la scène en réalisant une vidéo qu’ils ont filmée avant de la remettre aux services de sécurité qui en ont constitué une preuve d’un acte criminel. L’un d’entre eux a même attaqué les sapeurs-pompiers de la Protection civile à coups de pierres avant de déclarer, publiquement, sa sympathie pour l’organisation terroriste dénommée MAK. Quant à la troisième affaire dans laquelle deux autres pyromanes présumés ont été arrêtés à Sétif, là encore les enquêteurs ont confirmé, après une expertise scientifique, la présence des mis en cause, sur les lieux de l’incendie. Ainsi, la justice dispose d’éléments de preuve pour poursuivre les prévenus pour actes criminels, de subversion ou terroristes. D’ailleurs, après leur présentation devant le tribunal, les quatre mis en cause ont été poursuivis pour « crime d’actes subversifs visant à mettre en danger la vie des personnes, leur sécurité et leurs biens, et crime d’incendie volontaire de domaines forestiers de l’État, actes prévus et punis par les articles 87 bis du code pénal et 138 de la loi relative aux forêts et au patrimoine forestier. » Suite à quoi, ils ont été placés sous mandat de dépôt par le juge d’instruction.
Farid Guellil
