Sénat

LES GRANDS ÉLECTEURS ONT CHOISI HIER LES NOUVEAUX FUTURS SÉNATEURS : Le duo FLN-RND conforté

Les grands électeurs (parlementaires et élus APC/APW) ont été appelés aux urnes, hier, pour élire 48 sénateurs, dans le cadre du renouvellement partiel de la composante du Conseil de la nation.

Un mode d’élection au suffrage indirect qui explique en partie l’indifférence de l’opinion publique quant aux retombées et aux enjeux qui entourent cette élection. Une indifférence affichée également par une grande partie des formations politiques, manifestement déçues suite aux législatives de mai 2017, qui constituent le collège électoral déterminant lors du scrutin d’hier.
Par contre, cette échéance conforte les deux partis majoritaires (FLN et RND) qui sont sortis renforcés des dernières élections législatives et qui aspirent ainsi rééditer le même exploit, si ce n’est plus. Le Front de libération nationale, qui comptait 23 sièges aux sénatoriales de 2015, est le seul parti à avoir présenté des candidats dans les 48 wilayas. Le FLN est poursuivi dans la course par le Rassemblement national démocratique, dirigé par Ahmed Ouyahia, qui s’est présenté dans 46 wilayas, soit 2 wilayas de moins que son rival. Il avait obtenu 18 sièges lors des sénatoriales précédentes.
En revanche, le scrutin d’hier constitue une nette déception pour les autres formations politiques qui se positionnent bien loin derrière le FLN et RND. Lors des sénatoriales de 2015, en plus des partis précités, seuls le FFS et Fadjr Jadid ont pu obtenir des sièges, 2 et 1 siège respectivement, devancés par les indépendants (4 sièges). En somme, pour ces sénatoriales, 206 candidats étaient en lice pour ce scrutin, répartis entre 23 partis politiques et 41 candidatures libres.

L’opposition revoit à la baisse ses ambitions
Après un revers électoral essuyé à l’Assemblée populaire nationale suite aux législatives précédentes, les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, ont dû réviser à la baisse leurs ambitions au Sénat. En plus, le recours à l’argent pour l’achat de voix d’électeurs, le rejet de l’Administration ou de la Justice de certaines candidatures et les moyens importants qu’il faut consentir pour animer des campagnes en faveur des candidats investis, ont refroidi certains responsables de partis à présenter des candidats. Qui de plus ne disposent pas de grands électeurs.
Au-delà de présenter des candidats de leurs rangs, beaucoup de partis ont espéré nouer des alliances pour influencer sur le cours du scrutin. Avec des objectifs pas toujours clairs ou officiellement avoués, les dirigeants des partis laissent souvent le choix à la base pour voter sur les candidats qu’ils choisissent, témoignant ainsi de manque flagrant de la culture d’alliance chez nos partis politiques.
Ainsi, la première force de l’opposition parlementaire, le MSP, a mis de côté ses différences, en adoptant le pragmatisme comme seul repère. Tout est bien qui finit bien. Le MSP a noué des alliances chez le FLN (dans 13 wilayas), le RND (7 wilayas), et même le MPA d’Amara Benyounès (dans la wilaya de Boumerdès). Par contre, le MSP a présenté ses propres candidats dans 15 wilayas, dont M’Sila (bastion du président du parti, Abderrezak Makri), Constantine, Sétif, El-Oued et Oran. Le MSP a dû retirer son candidat à Djelfa en faveur de celui du FLN et de se lier derrière ce dernier lors du vote d’hier, a affirmé vendredi dernier, Saïd Lakhdari, membre du directoire du FLN.
Défaits aux récents législatives et décimés suite à des crises de chefferie interne, les islamistes des trois partis El-Adala, Ennahda et le FJD d’Abdellah Djaballah, qui avaient noué une alliance à l’APN l’année dernière, ont préféré marché en rangs dispersés, en laissant à la base le choix de voter sur le candidat qu’elle juge utile et répondant à leurs attentes. Principaux bénéficiaires de ce scrutin, les deux partis, FLN et RND, ont réussi à faire appuyer leurs candidats par les autres partis, ce qui leur permettra encore d’élargir leur score électoral.
Les travaillistes du PT, de leur côté, ont préféré s’abstenir complètement : la direction du parti de Louisa Hanoune a émis des instructions fermes à la base selon lesquelles ni candidat, ni alliance avec les autres partis. Les élections se sont poursuivies jusque dans la soirée de la journée d’hier, des surprises sont toujours à attendre ; défections, électeurs votant contre le candidat de leur parti ou un vote de revanche.
Hamid Mecheri