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Les faux prétextes de la rupture par le Maroc de ses relations diplomatiques avec l’Iran : Retour sur une décision opportuniste et infondée

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Ancien premier ministre et nouvel ambassadeur sahraoui à Alger, Abdelkader Taleb Omar, est revenu sur la décision théâtrale du Maroc de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran sous « un faux prétexte». Répondant à une question sur la décision de Rabat de rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran sous prétexte de soutien de l’Iran au Front Polisario -selon la déclaration du chef de la diplomatie marocaine, Nacer Bourita-, l’ambassadeur sahraoui a précisé que «le Maroc qui avait récemment déclaré que la politique de la chaise vide et la rupture des relations diplomatiques étaient improductives, prend une position contraire».
Après avoir réclamé son adhésion à l’Union africaine (UA) et rétabli ses relations diplomatiques avec Cuba tout en sachant que ces parties soutenaient le Front Polisario, le Maroc adopte aujourd’hui une position contraire en rompant ses relations diplomatiques avec l’Iran sous «le faux prétexte» que Téhéran soutenait le Front Polisario, a déclaré l’ambassadeur sahraoui. Le diplomate sahraoui, qui a démenti les allégations du Maroc selon lesquelles l’Iran soutiendrait le Front Polisario, a souligné qu’il n’existe aucune relation militaire entre le Front Polisario et son armée ni avec l’Iran ni avec le Hezbollah». «En décidant de rompre ses relations avec l’Iran, le Maroc tente de s’allier avec certaines parties pour gagner leur soutien face à une éventuelle décision concernant la question sahraouie», a ajouté l’ambassadeur. S’agissant de la dernière résolution du Conseil de sécurité (N° 2414) appelant les deux parties au conflit, le Maroc et le Polisario, à la poursuite des négociations en réduisant le mandat de la Minurso à 6 mois au lieu d’une année, le diplomate sahraoui a affirmé que la décision onusienne «a opéré une rupture avec les précédentes résolutions», en témoignent les positions de certains pays, selon lesquelles «le conflit au Sahara occidental est devenu un exemple type des conflits gelés et la Minurso n’agit pas à des fins politiques», ce qui est inadmissible et nécessite une nouvelle approche pour progresser après 45 ans de conflit.
Le Conseil de sécurité avait adopté, le 27 avril dernier, une résolution prorogeant le mandat de la Minurso jusqu’au 31 octobre 2018. Le texte invite, également, les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, à reprendre les négociations à l’arrêt depuis 2012 sans conditions préalables et de bonne foi. «Tous les prétextes auxquels recourt le Maroc pour faire retarder les négociations de règlement ont été épuisés» a-t-il souligné, précisant que le Conseil de sécurité avait réagi de cette manière pour mettre un terme aux menaces marocaines et aller vers une solution politique en faveur de ce conflit».
Le diplomate sahraoui a constaté, par ailleurs, que l’envoyé personnel du SG des Nations unies au Sahara occidental, Horst Köhler, «s’est distingué par sa méthode de travail en élargissant les concertations à d’autres parties à l’image de l’UE et de l’UA, outre ses efforts visant à repérer les véritables problèmes et les moyens d’influence tout en insistant sur le soutien du Conseil de sécurité pour qu’il puisse avancer». Le responsable sahraoui a appelé le Conseil de sécurité et la communauté internationale à agir de façon «forte et sérieuse» avec les parties qui entravent les négociations, en l’occurrence le Maroc et la France qui le soutient, soulignant qu’«à chaque fois qu’une avancée est enregistrée, la France la sape». Réaffirmant la disponibilité du Front Polisario et des dirigeants sahraouis à entamer des négociations directes en application des recommandations du Conseil de sécurité, Il a également affirmé que «le conflit au Sahara occidental est une question de décolonisation, telle qu’elle est enregistrée au niveau de l’ONU», contrairement aux allégations de l’occupant marocain qui tente de «modifier la nature du conflit».
Par ailleurs, le diplomate sahraoui a salué la position du Koweït qui a voté en faveur de la résolution n° 2414 du Conseil de sécurité, indiquant que «la déclaration du représentant de l’Etat du Koweït à l’ONU était conforme à la résolution onusienne et à la Légalité internationale dont le respect est à même de permettre aux autres pays de préserver leur souveraineté».
«La position du Koweït est exceptionnelle», a-t-il dit, appelant «les pays du Golfe a emboîter le pas au Koweït dans sa position exprimée par son représentant à l’ONU, car cela renforcera davantage la paix, la stabilité et l’unité des pays arabes».
Dans son allocution, lors d’une séance consacrée à la question du Sahara occidental au Conseil de sécurité , le représentant du Koweït a indiqué que «l’Etat du Koweït a voté en faveur du projet de résolution, car il reflète la volonté du représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, de poursuivre le dialogue politique entre le Maroc et le Front Polisario».
Le diplomate a ajouté que le vote de son pays en faveur de la décision de prolongation du mandat de la Minurso émanait de «sa conviction de la grande importance de la présence de la mission en cette conjoncture, au regard de sa contribution au renforcement de la stabilité dans la région».
M. B.

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