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Les chiffres effrayants de la délinquance juvenile : 400 mineurs dans les prisons

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Quatre-cent enfants mineurs croupissent dans les établissements pénitentiaires à travers le pays, a indiqué jeudi à Alger la direction générale de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion sociale des détenus. Intervenant lors d’une rencontre sur la responsabilité pénale de l’enfant, la juge des mineurs, Meriem Chorfi a affirmé que 400 enfants se trouvaient actuellement dans des établissements pénitentiaires. Ils sont soumis à des mesures spéciales et souples tel que stipulé par la loi. En vertu de la loi régissant l’organisation des prisons et la réinsertion sociale des détenus, l’enfant détenu de moins de 18 ans est séparé des détenus adultes, peut être en contact direct avec les visiteurs et est soumis à des mesures disciplinaires allégées en cas d’infraction au règlement intérieur de l’établissement. Par ailleurs, ils sont suivis par des éducateurs, des psychologues et surveillés par des agents civils. Les détenus mineurs reçoivent un enseignement et une formation au sein des établissements pénitentiaires, précisant que certains bénéficient d’une autorisation mensuelle pour rendre visite à leur famille. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, avait présenté, rappelle-t-on, le projet de loi relatif à la protection de l’enfant devant la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’APN. Il avait précisé alors que le projet de loi en question visait à mettre au point des règles et mécanismes pour la protection de l’enfant par l’adaptation de la législation nationale aux conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Le projet vise également, selon le ministre, à mettre en place un cadre juridique global pour la protection de l’enfant qui englobera la protection sociale et judiciaire pour deux catégories d’enfants ayant besoin d’aide (enfants en danger et enfants délinquants) tout en veillant aux spécificités de chaque catégorie. Le projet de loi sera présenté au Parlement début mai prochain, auprès de la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’APN. Par ailleurs, quelque 1 365 enfants ont été impliqués dans des affaires criminelles durant le premier trimestre 2015, a indiqué jeudi la Direction générale de la Sûreté nationale. Sept (07) mineurs sont impliqués dans des affaires de violence contre ascendants et sept autres dans des affaires de violence causant la mort. D’autre part, il est à noter que 438 enfants sont impliqués durant la même période dans des affaires de vol, 67 mineurs dans l’association de malfaiteurs et 75 dans des affaires liées aux mœurs. Selon les services de sûreté, 81 enfants consomment de la drogue tandis que 332 autres sont impliqués dans divers délits. 858 du total des mineurs délinquants sont âgés entre 16 et 18 ans dont 423 (13-16 ans) et 65 autres (13-10 ans), a précisé la commissaire divisionnaire, Kheira Messaoudene, soulignant que 19 d’entre eux n’ont pas encore atteint dix ans. Elle a expliqué les causes de cette situation par la dégradation des valeurs morales dans la société, les conséquences néfastes de l’usage des nouvelles technologies, l’absence de l’autorité parentale et le manquement des collectivités locales et des associations concernées. Par conséquent, il faut reconnaître que les enfants, en tant qu’êtres humains vulnérables, ont besoin davantage de protection. Qu’ils soient victimes, témoins ou malfaiteurs, les enfants sont en position de faiblesse par rapport à la justice. La privation de liberté est très destructrice pour un enfant, quel que soit son âge. Ce devrait donc être une exception rare, limitée aux mineurs les plus âgés qui commettent des infractions graves et répétées et auxquels aucune autre mesure n’est adaptée.
Ces jeunes détenus doivent néanmoins être séparés des adultes. Ils doivent être placés dans des institutions conçues pour eux et confiés exclusivement à des agents sélectionnés, recrutés et spécialement formés pour travailler avec eux. L’action du personnel doit être de nature éducative et faire passer le traitement avant tout. La question de l’enfant face à la prison ou, plus globalement, au système judiciaire doit être envisagée sans perdre de vue ce principe fondamental. N’oublions jamais qu’un enfant ne perçoit pas le monde comme un adulte et que sa personnalité est en construction. La priorité doit être de chercher les meilleurs moyens de lui apprendre à développer des compétences aux plans social, émotionnel et éducatif à même de le remettre dans le droit chemin, plutôt que chercher à le punir.
Lazreg Aounallah

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