Greve

Les AG locales rendent le verdict : Les résidents maintiennent leur grève

Rien ne semble arrêter la colère des médecins résidents. Ni les propositions de la tutelle, ni le spectre de l’année blanche n’ont dissuadé cette corporation médicale à mettre un terme à son mouvement de grève entamé depuis quelques mois. 100 jours de grève, et le fossé entre résidents et tutelle ne fait que s’élargir davantage. Au moment où la tutelle espérait un dénouement après la rencontre tenue dimanche dernier avec le Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens), ce dernier ne décolère pas et décide de poursuivre sa grève illimitée entamée depuis le 24 décembre dernier. Bien que les propositions de la tutelle aient été «bien accueillies» par la base du Camra, les assemblées générales du Collectif ont tranché pour le maintien de la protesta.
En effet, la décision a été prise, hier, à l’issue des assemblées générales tenues au niveau des 12 CHU des différentes wilayas du pays. Insatisfaits des dernières propositions de la tutelle, les résidents ont voté à l’unanimité pour le maintien de leur mouvement de protestation. À Alger comme à Blida, Tizi- Ouzou, Constantine, Sétif, Tlemcen, Sidi Belabès, ou encore Oran, les résidents étaient unanimes à dire «non» aux propositions de la tutelle. Des propositions jugées insuffisantes, voir insignifiantes, bien qu’elles soient les «bienvenues». Joint hier par téléphone, le Dr Tarek Mohamed Faisal, membre du bureau national du Camra a précisé que les «propositions de la tutelle, même si elles sont les bienvenues, restent insuffisantes de l’avis de la corporation». Tout en précisant que l’ensemble des résidents des 12 wilayas du pays ont voté à la majorité, dont certaines à l’unanimité, pour le maintien de la grève. Le Dr Tarek Mohamed Faisal a précisé que le «Camra rédigera, dans les plus brefs, des contre-propositions qu’il soumettra à la tutelle pour poursuivre les négociations en vue d’aboutir à un consensus». «Ces propositions témoignent qu’il y a une volonté sérieuse d’entamer de réelles négociations, chose que nous n’avons pas constaté auparavant», a-t-il dit. Prévoyant d’autres rencontres prochaines avec le ministère de la Santé, notre interlocuteur a tenu à souligner que le boycott du DEMS est également maintenu par les résidents. Prudent dans ses dires, le résident au CHU Mustapha Pacha a néanmoins précisé que l’année blanche ne fait guère peur aux résidents, étant donné que ce combat aboutira à arracher des droits et à améliorer les conditions de travail dans le secteur de la santé.
Par ailleurs, pour notre interlocuteur, «les principales revendications portées depuis plus de cinq , n’ont pas été satisfaites. Il s’agit de la suppression du caractère obligatoire du service civil». Entamé au mois de novembre dernier, le mouvement de protestation des résidents s’est installé dans la durée. Au cours de ces 100 jours de grève illimitée, les futurs praticiens ont du frappé à toutes les portes des facultés, syndicats, Cnes, ministères, Premier ministère, Sénat, APN et même la Présidence, mais ils se sont toujours heurtés au silence. Le mouvement a souvent viré à la confrontation, à l’instar du 3 janvier 2018 où les résidents ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre. Depuis cette date, le conflit ne cesse de se radicaliser. Avant-hier, les comités pédagogiques du Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) ont décidé de décréter l’année blanche, en attendant que cette décision soit confirmée par le ministère de l’Enseignement supérieur.
Lamia Boufassa