Fillette assassiné à Oran

Le tribunal criminel d’Oran se prononce sur le viol suivi d’assassinat de la petite Salsabil : Peine de mort pour le meurtrier et son complice

Alors que l’Algérie se dirige vers l’abolition de la peine de mort, notamment, sur appel d’associations de Protection des droits de l’homme, le tribunal criminel de première insistance d’Oran a prononcé la peine capitale, mercredi dernier, contre les bourreaux de la petite Salsabil assassinée à l’âge de 8 ans le 18 août dernier. Le verdict ayant satisfait les parents de la victime, laisse, toutefois, l’opinion publique perplexe quant à son application, sachant qu’aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993. En effet, le représentant du ministère public avait, dans son réquisitoire, requis la peine capitale contre k.A. (18 ans) l’assassin présumé, qui n’est autre que le voisin de la victime. Ce dernier a été inculpé de meurtre avec préméditation et attentat à la pudeur sur mineure de moins de 16 ans et, lors de son arrestation, a reconnu les faits retenus contre lui, de même lors de son procès. La peine capitale avait été également requise contre le second accusé, C.M, âgé de 31 ans, qui est accusé de complicité de meurtre. À noter que K.A. est passé aux aveux, lors de l’enquête, reconnaissant avoir attiré chez lui la petite Selsabil, durant la matinée du samedi 18 août dernier, alors qu’elle se dirigeait vers l’un des magasins du quartier et avoir abusé d’elle, avant de l’étrangler. À la barre, K.A. a déclaré qu’il ne voulait pas tuer la fillette qui s’était débattue et l’avait menacé d’en parler à ses parents. Il l’a alors étranglée, puis a essayé de la ranimer, mais la petite fille était déjà morte. Le prévenu a ajouté qu’il se trouvait, à ce moment là, sous l’effet de psychotropes et que son complice, C.M., l’a aidé à transporter le corps de la victime à bord de son véhicule utilitaire, emballé dans un sac poubelle en plastique, pour la déposer dans une décharge, à quelques centaines de mètres du lieu du crime, à Haï Chouhada, non loin de Haï El Yasmine 2 où réside la fillette. C.M. a, pour sa part, nié les faits retenus contre lui, durant l’enquête et lors de l’audience, indiquant qu’il était victime d’un complot mais s’est empêtré dans ses contradictions. Un témoin capital dans cette affaire, un gérant de café mitoyen au lieu du crime, a déclaré avoir aperçu le véhicule de C.M. devant le lieu du crime et a même vu le prévenu déposer un grand sac en plastique à l’arrière du véhicule utilitaire. Quant au médecin légiste, celui-ci a été catégorique. La victime est morte suite à une asphyxie due à une strangulation. Des traces de doigts ont été relevées sur la gorge de la victime, ainsi que des traces d’étouffement décelables dans les poumons de la fillette. Des blessures externes ont été également constatées, notamment sur le visage, démontrant ainsi qu’il y a eu bel et bien agression sur la petite fille. Le médecin légiste a également démontré que la fillette a été victime d’attentat à la pudeur avant d’être tuée. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a souligné que les preuves sont formelles, mettant l’accent sur les aveux de K.A. et soulignant que son complice C.M. se trouvait sur le lieu du crime, l’opérateur de téléphonie mobile ayant, en effet, prouvé que C.M. s’y trouvait. «La balle est dans votre camp, toute l’Algérie attend votre verdict, considérez Selsabil comme votre propre fille», a-t-il souligné à l’adresse du tribunal, tout en requérant la peine capitale contre les deux prévenus. Les avocats des deux complices, commis d’office, ont essayé de trouver quelques circonstances atténuantes, sans résultat, K.A. et son complice C.M. ont été condamnés à mort.

Ania Nait Chalal