Mokhtar Hasbellaoui

Le projet de loi sur la santé adopté à la majorité absolue par les sénateurs : Hasbellaoui s’en réjouit mais refuse de s’exprimer sur les médecins résidents

Pour la conférence de presse qu’il a animée hier en marge de la séance d’adoption du projet de loi sur la santé au Conseil de la nation, le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui avait promis de s’exprimer sur toutes les questions. Pourtant, il n’a rien lâché hier. Il a refusé notamment de répondre sur les questions de journalistes en rapport avec les médecins résidents. Le ministre s’est contenté de féliciter les sénateurs de l’adoption de ce texte de loi «nouveau et moderne» avant de passer la parole à son collègue au gouvernement, le ministre du travail Mourad Zemali. Ce dernier a eu lui aussi à s’exprimer sur l’adoption par les sénateurs du nouveau projet de loi portant amendement des fêtes légales nationales et la consécration d’Amenzu n Yennayer fête nationale chômée et payée. Des échos et rumeurs circulent depuis des jours que le président de la République s’apprêtait à annoncer d’importantes décisions au profit des médecins résidents lors du prochain Conseil des ministres.Le ministre de la Santé s’est contenté d’une brève déclaration sur le projet de loi sanitaire : « Nous, au ministère, après la promulgation de ce projet de loi (sur la Santé) par le président de la République, nous allons tout de suite commencer le travail avec tous les partenaires, praticiens de la Santé et tous les gestionnaires afin de commencer la mise en place des textes réglementaires nécessaires à l’application de cette nouvelle loi». La mise en application de la nouvelle loi sanitaire ne sera pas effective à 100 % dès la première année de début de son application. «Nous avons prévu 2 ans comme temps de transition pour que le système sanitaire en Algérie entre dans un nouveau cadre réglementaire et moderne. Et je prie Dieu pour qu’il me donne la force pour achever ce travail», a-t-il indiqué. Intervenant après le vote à la majorité absolue de cette loi (121 pour, 2 contre), Hasebellaoui s’est félicité d’ « un moment historique pour la modernisation du secteur de la Santé et sa mise sur une bonne et nouvelle voie où le patient sera au centre de toutes les préoccupations et les plans sanitaires». Le ministre a situé les objectifs de cette loi dans la réduction des disparités géographiques et déterminer les besoins en santé du patient. La nouvelle loi, indique Hasbellaoui, redonne un rôle plus important au médecin généraliste en tant que « médecin de référence». Le ministre a tenu également à calmer les préoccupations et craintes des sénateurs, mais aussi des citoyens qui appréhendent une remise en cause de la gratuité des soins. Il a affirmé que le nouveau système sanitaire s’appuie toujours sur le principe de la gratuité des soins. «La nouvelle loi sur la santé et un pas vers la modernisation du système sanitaire national comme porté par le programme du président de la République.
Il consacre le caractère social de l’État. Il consacre également ses engagements dans un cadre renouvelable, en prenant en considération les changements conjoncturels et financiers de l’État», a expliqué le ministre. Plus optimiste, le ministre a considéré la nouvelle loi sanitaire comme «une clé» permettant «plus d’efficacité pour moderniser le système de la Santé et atteindre les objectifs escomptées ».
Le ministre a défendu également un rôle plus renforcé pour le secteur privé. «le projet de loi vise à assurer une couverture sanitaire à tous les citoyens, dans tous les cas et sans distinction aucune à condition que les services offerts aux citoyens seront de qualité supérieure, garantis par un secteur public, véritable locomotive dans le processus sanitaire, aux côtés d’un secteur privé, complémentaire et élaborant dans un cadre réglementé et cohérent, auquel est attribué la mission de service public sous un cahier de charge se basant sur le principe de gratuité des soins qui est considéré comme un acquis irrévocable pour le citoyen », a indiqué le ministre.
Hamid Mecheri