Tebboune

LE PRÉSIDENT TEBBOUNE SIGNE L’ÉDITO D’EL-DJEÏCH : « J’appelle le peuple algérien à l’union »

Mis sous le titre « La cohésion sociale : socle de la véritable citoyenneté », le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a signé l’Edito du dernier numéro de la revue de l’ANP « El-Djeïch » consacrant le 60e anniversaire de l’indépendance du pays dont la célébration s’annonce en grande pompe.

«Je suis heureux de m’adresser aux enfants de mon pays, en général, et aux personnels de nos forces armées, en particulier, à travers cette prestigieuse tribune, à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’Indépendance », écrit le président Tebboune en se remémorant « avec fierté » et « orgueil » ce jour qui « restera gravé dans notre mémoire collective pour l’éternité », car ayant « couronné le militantisme du peuple algérien et son long, éprouvant et acharné combat pendant plus de cent trente années » contre la colonisation française.
Et au chef de l’État d’ajouter dans sa tribune que  pendant la colonisation française, 1830-1962, le peuple algérien « a fait montre de ses capacités de résistance et de sa détermination sans faille à défendre sa terre et son honneur, avant d’être l’artisan d’une Révolution glorieuse, devenue un modèle de lutte pour la libération ».
Poursuivant que « le devoir de gratitude envers les immenses sacrifices consentis par nos ancêtres m’amène à saisir cette opportunité pour rendre hommage et me recueillir à la mémoire des millions de nos valeureux Chouhada qui ont sacrifié leurs vies pour la libération de leur Patrie », il s’adresse également avec ses « respectueuses salutations aux Moudjahidate et Moudjahidine, en rappelant leurs sacrifices durant le combat libérateur et lors de la bataille de la reconstruction et de l’édification nationales ». Aussi, gratitude et hommage vont, poursuit le Président, aux «martyrs du devoir national qui ont donné leurs vies pour préserver la sécurité du pays et l’unité de son peuple ». Indiquant qu’en droite ligne avec la célébration de six décennies d’indépendance du pays, « nous ne devons en aucun cas perdre de vue la situation désastreuse héritée par notre pays, à tous les niveaux, au lendemain de l’Indépendance ». Il citera «  en particulier dans le domaine de l’éducation, dans la mesure où une grande majorité d’Algériens, à 90% illettrés, en avait été privée ». Une privation « qui n’a pas empêché le peuple algérien de faire face à cette situation et de relever des défis majeurs », en quelques années seulement, « en brisant ainsi les espoirs du colonialisme qui avait parié sur l’incapacité de notre pays à gérer ses affaires et à initier un processus d’édification tout aussi crucial que le combat libérateur ».
Sur la bataille de l’édification de l’Algérie nouvelle, il écrit que celle-ci « fût difficile dans certaines de ses phases » et que
« les grands chantiers lancés à travers tout le territoire national pour reconstruire le pays ont incarné les aspirations du peuple algérien », une dynamique nationale couronnée par des « réalisations et acquis obtenus, à plus d’un niveau, témoignent « de sa volonté de fer d’effacer les séquelles du colonialisme abject ».
« Inspiré par les principes de la glorieuse Révolution de Novembre, et compte tenu de notre attachement à la voie suivie par nos Chouhada et nos Moudjahidine et fidèles à notre démarche visant à imprimer un changement global qui permettra à notre pays une véritable renaissance dans tous les domaines », écrit le Président, rappelant avoir accordé « la plus grande attention à la mémoire nationale, en l’intégrant dans les 54 engagements que j’ai pris devant le peuple ».
La question de la mémoire nationale, « qui est au cœur des préoccupations de l’État », affirme le président de la République, « est loin d’être un acte improvisé ou dicté par les circonstances, elle est un devoir national sacré ». « En la circonstance, au cours de la période précédente, nous avons accompli des progrès significatifs en matière de préservation de notre mémoire nationale, en attendant de franchir d’autres étapes », indique-t-il, ajoutant « de même, il y a un peu plus de deux ans, notre pays s’est résolument engagé dans une démarche de redressement global, reposant sur des actions mesurées et minutieusement réfléchies, en vue de rétablir la crédibilité des institutions de l’État et la confiance du peuple envers elles pour pouvoir, ainsi, relever les défis sur les plans économique et social ».

Place à la relance économique
« Tel que nous nous sommes engagés devant notre peuple », rappelle-t-il son serment présidentiel, notre pays a parachevé son édifice institutionnel pour se consacrer aux questions économiques » et c’est ainsi que des réformes ont été mises en œuvre,  afin de redynamiser l’économie nationale, en accélérant son développement et en diversifiant nos exportations hors hydrocarbures ».
Une démarche qui « aura un impact positif sur le volet social » et s’inscrit en droite ligne «  de l’engagement que j’avais pris concernant la réservation du caractère social de l’État, quelles qu’en soient les circonstances, et ce, conformément aux principes de la Révolution et à la déclaration du 1er Novembre », précise le chef de l’État, rappelant dans ce cadre les mesures qu’il avait prises, dont «l’amélioration de la situation sociale de nos concitoyens, où plus d’un million de nos jeunes ont, dans ce cadre, bénéficié de l’allocation chômage comme solution circonstancielle, en attendant des opportunités d’emploi »; ce qui se réalisera inévitablement, poursuit-il « conséquemment à la politique de développement économique engagée », ou qu’il s’agisse, cite-t-il «également « de l’amélioration du pouvoir d’achat des Algériens à travers l’augmentation des salaires des travailleurs, dans les limites des possibilités financières de l’État».
Un effort national qui vise, affirme le Président, « à remettre le pays sur sa véritable voie et à lui redonner le statut qu’il mérite, à la lumière des efforts conjugués de tous les enfants fidèles de la Patrie ».
Et de rebondir : «  je me dois de souligner le rôle actif et pionnier de l’Armée nationale populaire dans l’effort destiné à conférer une impulsion aux industries nationales, en contribuant activement à l’effort national de promotion et de développement de notre économie ».
Et pour parvenir à atteindre les objectifs fixés dans le volet visant à donner à l’industrie une place importante dans l’économie nationale, le Président assure que « nous mettrons l’accent, dans la prochaine étape, sur la consolidation du tissu industriel national et le développement des industries militaires », de manière, poursuit-il, «  à pourvoir des postes d’emploi pour nos jeunes et aller vers l’exportation, après satisfaction des besoins du marché national ».
Évoquant le rôle central de l’institution militaire dans la protection et la défense du pays, le Président écrit : « parler de l’ANP m’amène à rendre un vibrant hommage aux personnels de nos forces armées qui veillent en permanence à défendre nos étendues frontières et à lutter contre le terrorisme et le crime organisé ». À ce titre, « j’adresse mes sincères salutations à nos vaillants hommes mobilisés au niveau des frontières, pour leurs louables efforts et leur dévouement pour défendre notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale », lit-on dans cette longue tribune.
Par ailleurs, le président réaffirme son « engagement à poursuivre le processus de développement des capacités de l’Armée nationale populaire à tous les niveaux », à travers, explique-t-il, «  la poursuite de l’exécution du programme de développement de nos forces et, par là même, rehausser leurs aptitudes de combat et leur disponibilité opérationnelle pour être en phase avec les évolutions technologiques rapides ».
Et dans le but d’optimiser les performances des personnels des forces armées, il réaffirme qu’il « continuerait d’accorder une grande importance à la formation » au sein de l’ANP, avec ce que cela implique, «  comme amélioration continue des programmes adoptés en matière de formation et de pédagogie, ainsi qu’à l’adaptation des diverses méthodes d’enseignement dans les différentes écoles de l’Armée nationale populaire, afin d’être au diapason des développements enregistrés dans le domaine technologique ».

« La place de l’ANP est inébranlable »
Compte tenu de la place « prestigieuse qu’occupe l’Armée nationale populaire dans la conscience de la Nation, qui ne peut en aucun cas être ébranlée » affirme le chef de l’État, mais qui, au contraire, souligne-t-il, « n’a de cesse de se renforcer et de se consolider, en vertu de son rôle de leadership au sein des institutions de l’État, et des grands efforts consentis pour empêcher l’effondrement de l’État au cours des années 1990, préserver le legs des Chouhada et maintenir la stabilité et la sécurité nationales ».
Dans la foulée de cet hommage réitéré à l’ANP, le président rappelle la consécration du 4 août comme Journée nationale l’Armée nationale populaire. Un acte que « j’ai officialisée à l’occasion de ma dernière visite au siège du ministère de la Défense nationale, correspondant à l’anniversaire de la reconversion de l’Armée de libération nationale en Armée nationale populaire, le 4 août 1962 ».
Rappelant cet anniversaire au cours duquel «  nous nous remémorons les faits héroïques de nos aînés et célébrons les résistances et les victoires de notre peuple », le président Tebboune lance un appel au peuple algérien, « en cette phase cruciale et décisive de notre Histoire, à se rassembler, à resserrer les rangs et à unifier le front interne, en vue de remporter la bataille du renouveau que nous menons, et de relever les défis et concrétiser nos aspirations et nos objectifs », en l’occurrence, poursuit-il, «  ceux d’une Algérie forte, fière et sûre, telle que voulue par nos valeureux Chouhada ».
Affirmant qu’il « reste convaincu que, tout comme hier, le peuple algérien a pu vaincre une des plus grandes puissances coloniales et restaurer la souveraineté nationale », il est en mesure, aujourd’hui, ajoute le Président, « de faire face à tous les défis et de consacrer, dans les faits, l’Algérie nouvelle ».
Synthèse Karima B.