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Le président Bouteflika rejette l’avant-projet de LFC-2018 : Les taxes et les concessions agricoles à l’index

On a avancé plusieurs motifs sur le rejet par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, de l’avant-projet de loi de Finances complémentaire (LFC-2018), avant-hier ; toutefois deux motifs s’imposent, parce que liés à des informations directement liées à cette Loi de Finances: les taxes et les concessions agricoles à l’index.
La réunion du Conseil des ministres, prévue initialement pour ce mercredi 9 mai, et reportée à une date ultérieure, a renseigné sur des textes litigieux que le président voulait instruire. Il y a d’abord à lier le report du Conseil des ministres au rejet de l’avant-projet de LFC 2018, puis le rejet à la nécessité de voir clair ou carrément supprimer des textes qui posent problème. Premièrement, on pose comme certain le fait que le président Abdelaziz Bouteflika a vu dans cet avant-projet de LFC trop de taxes et de hausses à infliger au citoyen au moment où les prix du baril sur les marchés pétroliers observent une courbe ascendante très favorable à l’Algérie. Beaucoup d’experts estiment que d’ici la fin de l’année, le prix remontera à près de 80 dollars, au vu du contexte géopolitique, qui met en frictions le jeu de stratégies, d’où la nécessité d’aller vers plus d’apaisement sociale et lisser les aspérités des taxes économiques dictées par la nécessité et le recul du baril. Bouteflika, très favorable à un certain apaisement social, a refusé à ce qu’il y ait des hausses deux fois dans une même année.
La concession des terres agricoles a été un autre motif que les experts ressortent comme un élément rébarbatif pour Bouteflika ; plusieurs données concrètes plaident pour un retour de l’État à une parcimonie des terres arables et fertiles. Primo, l’agriculture est pressentie comme un levier essentiel du pays pour aller vers une sécurité alimentaire salutaire ; secundo, la concession des terres au profit d’entreprises étrangères a été mal perçue autant par les citoyens que par le Président, témoin est cette vidéo qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux du paysan qui dénonçait en termes ampoulés les concession de terres fertiles aux étrangers ; suite à quoi, la Justice s’est autosaisit pour ficeler un dossier sur cette affaire. Tertio, le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, a interpellé le président de la République sur plusieurs terres fertiles favorables à toutes sortes de semences et qui ont été piratées par des constructeurs immobiliers. Quarto, le ministère de l’Agriculture vient de donner le feu vert à ses services pour recenser tous les cas où des «agressions sur des terres agricoles ont été dument constatées».
Ce sont là quelques raisons qui ont motivé le rejet par le président Bouteflika de l’avant-projet de LFC 2018. Pour le gouvernement, il s’agira de garder la même mouture, avec quelques aménagements à faire, lesquels peuvent porter sur ces points cités, comme ils peuvent porter sur d’autres.
F. O.

IL CONFIRME LES OBJECTIONS DU PRÉSIDENT SUR L’AVANT- PROJET DE LFC-2018
Ouyahia : «Le texte soumis au Conseil des ministres dans une ou deux semaines»
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a renoué hier, avec ses sorties sur le terrain,  où il a conduit une délégation ministérielle pour l’inauguration de la 51e édition de la Foire internationale d’Alger.  Occasion pour lui de réagir sur une information factuelle d’importance, notamment l’avant projet de loi de Finances complémentaire 2018 et son lien direct avec le report du Conseil des ministres. En effet, prévue initialement pour aujourd’hui, cette rencontre a été reportée en raison des objections formulées par le Président Bouteflika sur le projet, comme d’ailleurs confirmé par le Premier ministre, qui a révélé qu’un Conseil des ministres sera tenu d’ici une semaine ou deux pour examiner l’avant-projet de LFC-2018 sur lequel le chef de l’État a émis des réserves.
M. Wali