Djerad à l'APN

LE PM DJERAD DIT QUE LE GOUVERNEMENT AURA UNE RÉPONSE À LA DEMANDE DU PEUPLE : « C’est notre mission, pas une faveur de l’État »

Les travaux en séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont repris, hier, pour débattre le plan d’action du gouvernement présenté devant les députés par le Premier ministre Abdelaziz Djerad.

Mais avant que le Premier ministre donne lecture au projet du gouvernement, le président de la chambre basse du Parlement, Slimane Chenine, a prononcé une brève allocution marquée notamment par des éloges en direction de l’Institution militaire et l’ex-chef d’état-major de l’ANP, le défunt Ahmed Gaïd Salah, pour avoir « évité au pays le pire, et permis le retour à la légalité institutionnelle » à travers la tenue, « avec succès », de l’élection présidentielle du 12 décembre dernier, remportée par Abdelmadjid Tebboune. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a, ensuite, pris la parole devant les élus du peuple, dans un hémicycle à majorité FLN-RND, pour présenter le Plan du gouvernement adopté récemment en Conseil des ministres et cerné autour de six (6) chapitres essentiels.
Abordant l’engagement du gouvernement pris suivant le programme présidentiel, le Premier ministre mesure le poids de réponse du gouvernement quant à la demande des citoyens pour l’accès à une vie décente, avec le respect de l’égalité des chances. Ce qui « n’est nullement une faveur de la part de l’État, mais l’une de ses missions initiales et c’est aussi un engagement du gouvernement vis-à-vis du peuple », a indiqué Djerad, non sans renvoyer, dans ses propos, à une situation socio économique qu’il a hérité des gouvernements passés.
Le plan de travail du gouvernement, explique le Premier ministre, est la consécration des 54 engagements pris par l’actuel Président lors de la campagne électorale et le gouvernement est chargé de sa mise en œuvre, à travers l’élaboration de plusieurs plans d’urgence pour répondre aux doléances de la population exprimées par le Mouvement populaire et citoyen depuis près d’une année maintenant.
Sur le plan politique, le plan gouvernemental œuvre pour l’ « édification de la nouvelle République qui consacre la pratique démocratique et l’établissement de nouvelles mœurs politiques dans le pays, et qui engage la lutte contre l’influence de l’argent sale dans la vie politique », a souligné le Premier ministre, qui a promis l’indépendance de la Justice, en minimisant, notamment, le recours à la détention préventive, la lutte contre la corruption et la refonte du système législatif, garantissant plus de liberté pour ceux qui dénoncent ce fléau et surtout garantir la liberté de la presse, le droit aux rassemblements et autres manifestations pour fonder un vrai État de droit.
La décentralisation, l’égalité et le contrôle sur la gestion de l’argent public, les Energies renouvelables, l’Agriculture, le Tourisme, l’Industrie, la Pêche sont, entre autres, les chantiers économiques à venir dans le plan de travail du gouvernement Djerad.
S’agissant du volet social, le Premier ministre a présenté une batterie de mesures, dont le soutien du pouvoir d’achat qui a connu une baisse remarquable ces dernières années, en citant notamment l’exonération de l’impôt sur les salaires inférieurs à 30 000 DA et l’établissement d’un nouvelle politique fiscale.
L’amélioration des secteurs de la Santé, notamment la santé de proximité, l’Éducation en procédant à l’allègement des programmes scolaires et l’usage des nouvelles technologies dans le cycle primaire, ainsi que d’assurer le transport scolaire dans notamment les régions des plus reculées du pays pour assurer à l’enfant-écolier une meilleure scolarité dans des conditions idoines, figurent également dans le plan gouvernemental auprès des dossiers du logement, la diplomatie et la sécurité interne.

L’opposition parlementaire boude l’hémicycle
Comme il fallait s’y attendre, au premier jour de l’ouverture des débats sur le Plan du gouvernement, les intervenants ont abondé dans un sens unique. En effet, en l’absence dans l’hémicycle des partis de l’opposition, les parlementaires de la première chambre, à domination FLN-RND, ont salué le Plan du gouvernement en prenant soin de lancer un semblant de reproche sur quelques points contenus dans la feuille de route de l’Exécutif, avant de revenir à « de meilleurs sentiments » pour caresser le chef du gouvernement dans le sens du poil. À noter dans ce sens que la majorité des députés ayant pris la parole sont de l’ancien parti unique FLN. D’hommage en hommage et pour l’Institution militaire et pour le chef de l’État, les rares critiques des intervenant issus de ce parti, Noura Boudaoud, Abdelhamid Si Afif, Faïza Bouhama, Amel Doura ou encore Hichem Rahim, n’étaient que superficielles, évitant d’embarrasser les rédacteurs du Plan d’action gouvernemental.
Le seul qui a un peu fait exception est le député de Djelfa, Belakhdar Benaoum, qui s’est posé beaucoup de questions sur la précipitation dans la formation du gouvernement et le nombre important de ministres qui le forment, alors que le pays est en proie à une crise économique aiguë. « Un gouvernement formé dans la précipitation, avec trente-neuf (39) ministres, de plus en pleine crise économique, il est à se demander : Est-ce un gouvernement de compétences, régional ou d’allégeance ? L’État a-t-il réellement les moyens financiers de mener à bien son programme ? Et qu’en est-il de la récupération de l’argent dilapidé ? Sont autant de questions que s’est posé le député FLN.
Les travaux de l’APN se poursuivront jusqu’à demain jeudi, date de la réponse du Premier ministre aux questions des députés, et du vote du plan d’action du gouvernement.
B. Oubellil