Hanoune

ELLE S’ENGAGE À MENER CAMPAGNE POUR LA LIBÉRATION DE TOUS LES DÉTENUS : Louisa Hanoune fera appel pour un « acquittement » définitif

Après avoir été condamnée à trois ans de prison dont neuf mois fermes, une période qu’elle a déjà purgée, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, qui a retrouvé la liberté lundi soir, n’est pas « satisfaite » du verdict. Du coup, elle décide, aussitôt, d’interjeter appel.

En effet, dans un communiqué rendu public hier, le bureau politique du parti a réagi au verdict prononcé à l’encontre de Louisa Hanoune dans lequel le Tribunal militaire de Blida a décidé d’abandonner les deux chefs d’inculpation « complôt contre l’autorité de l’État » et « atteinte à l’autorité de l’armée ».
Deux griefs pour lesquels la femme politique avait été condamnée à 15 ans de prison ferme en première instance. En requalifiant l’accusation de « non dénonciation d’une réunion secrète », le PT pense qu’ « il s’agit-là d’une nouvelle démonstration d’un procès politique avec un verdict arrangé». Selon le PT, Louisa Hanoune « refuse ce jugement et décide d’interjeter appel pour être acquittée purement et simplement». Par ailleurs, et lors de sa sortie de prison avant-hier soir, la patronne du PT s’est rendue directement au siège national de son parti à El Harrach, où elle a salué les avocats et tous ceux qui se sont mobilisés, en Algérie et à l’étranger, parmi les partis politiques, organisations, syndicats et autres associations en faveur de sa libération, dont la Moudjahida Zohra Drif Bitat, qui est à la tête de la campagne en faveur de la libération de Louisa Hanoune. « Je salue le comité de soutien, notamment Zohra Drif Bitat.
Je tiens aussi à saluer les partis politiques, les syndicats, les organisations des droits de l’Homme et les détenus d’opinion qui m’ont soutenue sans conditions, car ils savent que je ne peux pas commettre ces crimes dont j’ai été blanchie», livre-t-elle comme premiers mots après sa libération.
Dans ce sens, Hanoune a exprimé sa joie d’être relâchée, indiquant qu’elle mènera une campagne pour la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, comme partie intégrante de la lutte pour la démocratie menée par le peuple algérien depuis février 2019. «Je suis sortie, je suis libre ! Maintenant je reprends ma place dans mon parti pour reprendre le combat », dit-elle, précisant que « la joie de retrouver la liberté ne serait totale qu’après la libération de tous les détenus politiques et d’opinion ».
En outre, la cheffe du PT a promis une rencontre avec la presse « dans les plus brefs délais » pour « raconter» la période de neuf longs mois qu’elle a passés dans une prison civile à Blida.

La peine de 15 ans de prison ferme confirmée pour SAïd Bouteflika, Tartag et Toufik
Il serait bon de souligner que Louisa Hanoune a été acquittée dans l’affaire du complôt contre l’autorité de l’État et de l’Armée. Mais, elle a été condamnée à trois (03) ans de prison, dont neuf (09) mois fermes pour « non dénonciation d’un crime». Les autres accusés dans cette affaire dite du « siècle », notamment pour «complôt contre la sécurité de l’État et de l’Armée », à savoir Saïd Bouteflika, le frère de l’ex-président déchu, Mohamed Mediene dit «Toufik » et Athmane Tartag, deux anciens patrons du Renseignement, ont été condamnés à la même peine prononcée en première instance, à savoir 15 ans de prison ferme. Le juge avait indiqué, avant la levée de l’audience, que « l’affaire de Hanoune a été débattue en chambre de conseil car étant une affaire criminelle ». Ainsi, la majorité des membres de la chambre se sont prononcés « contre les charges d’atteinte à l’autorité militaire et de complôt contre l’autorité de l’État, et pour l’inculpation de non dénonciation d’une réunion suspecte », à l’encontre de Louisa Hanoune. Pour ce qui est de la question si elle « pourra bénéficier d’une modification ou d’une annulation du jugement », la majorité a répondu par «oui ».
Sarah Oubraham