LE MARÉCHAL KHALIFA HAFTAR OPÈRE DES FRAPPES AÉRIENNES SUR TRIPOLI : Une escalade militaire aux desseins inavoués

La branche aérienne de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar a mené son premier raid aérien contre les positions du gouvernement d’Union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj dans la banlieue de Tripoli, selon un communiqué de l’ANL cité par des médias.

L’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a annoncé, hier dans un communiqué, que sa branche aérienne a mené sa première série de frappes en banlieue de la capitale contre les positions du gouvernement d’Union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, relate la télévision locale. Dans le même temps, les groupes armés loyaux au gouvernement d’Union nationale (GNA) ont annoncé, hier, le début d’une campagne contre le maréchal Khalifa Haftar, relatent des médias citant les déclarations des autorités de la capitale. Par ailleurs, les pays membres du G7 se sont entendus, lors de leur réunion, pour accroître la pression sur les responsables de l’escalade militaire dans le pays, selon les déclarations du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas. Ce dernier avait indiqué, en effet, que «Nous sommes convenus d’utiliser toutes les possibilités à notre disposition pour exercer de la pression sur les responsables en Libye, en particulier le maréchal Haftar, afin d’éviter toute nouvelle escalade. Nous sommes tous d’accord», a-t-il déclaré aux journalistes. Chaque pays possède ses propres moyens d’influence, a-t-il indiqué, évoquant les contacts directs de l’Italie et de la France en Libye. «La situation est très inquiétante et nous ne pouvons accepter une nouvelle escalade militaire», a-t-il encore affirmé. Jeudi dernier, le maréchal Haftar a ordonné à ses troupes de marcher sur Tripoli, la capitale abritant le siège du gouvernement d’Union nationale (GNA), une décision qui n’ a pas encore révélé ses visées réelles et ses dessous, notamment en direction de la scène libyenne, qui devrait enregistrer la tenue, le 14 avril prochain, d’une réunion, à Ghadamès, dans le cadre du dialogue inter-libyen. Le chef de la diplomatie italienne, Enzo Milanesi, a dit de son côté, espérer que le maréchal Khalifa Haftar prendrait en compte les avertissements de la communauté internationale ; ce qui semble ne pas être le cas, depuis hier, avec l’annonce par l’armée de Haftar, d’avoir procédé à sa première série de frappes aériennes, en banlieue de la Capitale libyenne. Aussi, bien avant ces frappes, Moscou s’est dite préoccupée, samedi, par les rapports faisant état du recours à l’aviation militaire par des groupes armés opérant en Libye. Le chef de la diplomatie russe a appelé «à éviter une escalade du conflit en Libye » dans le contexte de l’offensive sur la capitale Tripoli menée par l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar. Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les groupes armés opérant en Libye, « doivent renoncer au recours à l’aviation » dans le conflit qui oppose actuellement l’ANL au gouvernement de Tripoli et les organisations qui lui sont loyales, déclarant, à partir du Caire, où il était en visite, que «Nous sommes préoccupés par le fait que des groupes armés dans certaines zones de la Libye ont promis d’utiliser l’aviation de combat contre l’Armée nationale libyenne». Poursuivant, Sergueï Lavrov dira que «ceux qui ont une influence sur ces groupes doivent empêcher une telle escalade», a déclaré le chef de la diplomatie russe lors d’une conférence de presse, samedi, au Caire.
Karima B.