Kenya's Ruto says expectations are huge, no time to waste in Nairobi

LE KENYA MAINTIENT SON APPUI À L’AUTODÉTERMINATION DU PEUPLE SAHRAOUI : Douche froide pour le Makhzen

Le ministère kenyan des Affaires étrangères a tenu à faire savoir « que le Kenya ne mène pas sa politique étrangère sur Twitter ou toute autre plate-forme de médias sociaux, mais plutôt par le biais du gouvernement officiel, documents et cadres réglementaires ».

Ce rappel, adressé, de toute évidence, au Makhzen, a conclu le communiqué officiel qui confirme que le Kenya soutient le droit incontestable et inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers l’organisation d’un référendum libre et juste. Le Makhzen a mobilisé ses relais médiatiques à la suite d’un tweet du nouveau président kényan William Ruto, au lendemain de son investiture, sur la RASD (République arabe sahraouie démocratique), pour faire croire que le Kenya avait abandonné sa position de principe sur cette question. Cela a valu au royaume de Mohamed VI, à son ministre des Affaires étrangères et au Makhzen, une bonne douche froide, après le communiqué officiel du ministère kenyan des Affaires étrangères qui leur a fait quitter le terrain des illusions et de la propagande mensongère et les a fait revenir à la réalité. Une réalité clairement exprimée en trois points: 1/ « la position du Kenya sur la RASD est pleinement alignée avec la décision de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) d’admettre l’adhésion de la RASD le 22 août 1982, et la Charte de l’UA qui appelle pour le droit incontestable et inaliénable du peuple à l’autodétermination » ; 2/ le Kenya « s’aligne sur les décisions des assemblées ultérieures des chefs d’Etat et de gouvernement à l’UA sur la RASD » ; 3/ « le Kenya s’aligne sur la résolution 690 du Conseil de sécurité des Nations unies (1991) qui appelle à l’autodétermination du Sahara occidental à travers un référendum libre et juste dirigé par l’ONU et l’UA. Le Kenya soutient la mise en œuvre à la lettre de cette résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ». Le communiqué souligne que le Kenya maintient une excellente relation avec tous les membres de l’UA, RASD compris, et des Nations unies. C’est la position officielle du Kenya. Le gouvernement sahraoui a salué lundi cette position « historique » et « de principe » du Kenya en faveur des droits de la RASD à la souveraineté et du droit de son peuple à la liberté et à l’indépendance, que Nairobi défend dans tous les évènements régionaux et internationaux.

La légalité internationale l’emporte
Les pays qui tiennent au respect de la légalité internationale sont du côté de la RASD. Ils  reconnaissent le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, comme le stipulent les résolutions et décisions de l’ONU et de l’Union africaine. Ils ne reconnaissent pas les frontières que le Maroc se donne, en voulant maintenir sous sa domination coloniale, par la force, le Sahara occidental. L’activité diplomatique de la RASD, appuyée par ses nombreux alliés, est pour beaucoup dans l’isolement grandissant du Maroc sur la scène internationale, à propos de la question sahraouie. Il y a quelques jours, lors de sa participation à la session du Parlement européen à Strasbourg (Est de la France), le représentant du Front Polisario en Espagne, Abdullah Arabi a appelé les députés européens à exiger de leurs pays sur les positions de l’UE qui soutient les résolutions de la Légalité internationale pour permettre au peuple sahraoui de jouir de ses droits légitimes à l’autodétermination, à la lumière des efforts de l’ONU. Beaucoup de dirigeants de pays européens, qui avaient leurs colonies en Afrique, ont des difficultés à admettre le parachèvement de la décolonisation sur le continent, par l’indépendance du Sahara occidental. Ils ont plutôt tendance à appuyer la démarche néo colonialiste dont un des agents est le Maroc, allié à l’entité sioniste. Mais, le réalisme finit par l’emporter. C’est ce qui explique les tensions actuelles entre Paris et Rabat, avec un impact sur les relations économiques entre ces deux pays traditionnellement amis. Dans d’autres pays- la Bolivie, le Pérou et la Colombie, pour ne citer que ces exemples récents-, les dirigeants véritablement représentatifs des intérêts de leurs peuples, trouvent naturel d’être avec la RASD.
M’hamed Rebah