Le grand paradoxe !

Par Mâalem Abdelyakine

FAvec la flambée du prix de la viande locale, qui avoisine actuellement les 1 200 dinars le kilo, si ce n’est pas plus, les consommateurs, en particulier ceux ayant un revenu modeste, sont contraints de se rabattre sur les viandes et les poissons congelés pour garnir la table du Ramadhan. Les importations des produits congelés sont montées en flèche, durant ces dernières semaines, aux différents ports, pour satisfaire les besoins du marché local au cours du mois sacré. Ces cargaisons ont été importées de plusieurs pays d’Europe et d’Amérique latine. Les viandes congelées sont généralement importées de deux pays de l’Amérique latine, à savoir le Brésil et l’Uruguay, qui sont considérés comme des fournisseurs traditionnels du marché local en viandes congelées. Ces importations massives de viandes et poissons congelés ont été soumises à des contrôles rigoureux des services vétérinaires pour prévenir toute introduction sur le territoire national de viandes avariées. Le dispositif de surveillance sanitaire a été renforcé pour assurer un meilleur contrôle des animaux et des produits animaux importés. Outre, les démarches de maîtrise sanitaire, exigées par la réglementation et contrôlées par les services vétérinaires, des instructions sont données aux contrôleurs pour s’assurer du respect strict des dérogations sanitaires par les importateurs. Ces derniers sont tenus de présenter des certificats sanitaires, qui doivent contenir le minimum des exigences internationales. Ils sont complétés par des exigences spécifiques en rapport avec les évaluations effectuées. Il est à noter, par ailleurs, que de grandes quantités de poulets congelés seront également injectées durant le mois sacré sur le marché local. Au total, c’est 10 000 tonnes de poulets congelés qui ont été consacrées cette année pour le Ramadhan. Le mode de consommation frénétique et boulimique s’installe durant le mois de Ramadhan, et engendre le gaspillage. Si, durant toute l’année, ce fléau connaît une tendance moyenne, il prend en revanche des proportions alarmantes pendant le mois de Ramadhan. Un comble, alors que le Coran condamne le gaspillage. Pour lutter contre ce phénomène, l’Association de la protection du consommateur va lancer une campagne de sensibilisation. Il s’agit d’une action sur la rationalité et l’économie dans la consommation. Les experts s’accordent à dire que 70% du gaspillage est l’œuvre des ménages aisés. Force est de reconnaître qu’en Algérie il n’existe pas de culture de consommation proprement dite. Selon l’UGCAA, le gaspillage avait dépassé 500 milliards de centimes durant le mois de Ramadhan-2014, en raison du degré de consommation qui s’est élevé à 50% dans tous les produits alimentaires. Dans le détail, sur les 10 millions de quintaux de légumes consommés pendant le mois sacré, 500 000 quintaux sont jetés à la poubelle. Lors du mois de Ramadhan, 120 millions de baguettes de pain sont ainsi jetées à la poubelle. Ainsi, le gaspillage alimentaire touche pratiquement tous les produits. Autrement dit, une partie de ce qu’achètent les Algériens durant la journée de Ramadhan est jetée après le jeûne. Pour faire face aux collines d’ordures qui se forment dans les quartiers en quelques heures seulement, les éboueurs redoublent leurs activités, de jour comme de nuit, et ont du mal à faire face au volume impressionnant d’ordures ménagères engendrées.
N. B.

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