Le dialogue, seul mode d’expression pacifique et civilisé

Le président de la République, M. Tebboune, a appelé au dialogue avec les éléments du Hirak. Beaucoup d’entre eux souhaitaient ce dialogue depuis au moins le mois de mai, mais leur mouvement a subi une OPA de la part d’éléments extrémistes qui ont empêché que les revendications algériennes soient inscrites dans une plateforme de revendications claires, définitives, et ne soient plus des exigences changeantes d’éléments versatiles. M. Gaïd Salah, le chef d’état-major, a appelé au dialogue dès le début du mouvement, mais même les éléments les plus sincères du Hirak ont refusé l’offre. Depuis, beaucoup d’entre eux ont compris que leur rêve d’une Algérie meilleure était en passe d’être détourné par des individus et des groupes aux agendas cachés. Ils ont compris que de nombreux ennemis de l’Algérie se cachaient derrière les patriotes pour saper leur espoir.
Un dessein malveillant chevauchait leur passion et leur désir de changement dans un sens positif afin de mener à une situation contraire à celle qu’ils espéraient.
Le « Non au 5e mandat », un programme clair, net et précis, s’est transformé en un dégagisme excessif qui n’entonne plus ce « Djeich chaâb khawa khawa » qui donnait la chair de poule, remplacé par des slogans blessants… Au lieu de se réjouir que les principaux éléments de la mafia soient sous les verrous, certains accusent le système de tous les maux. Beaucoup dénigraient au lieu de se solidariser avec l’État dans cette opération délicate et difficile, alors qu’eux-mêmes n’avaient jamais rêvé que la justice réalise cet exploit, non ce miracle ! Cela a pris dix années aux présidents Poutine et Medvedev pour éradiquer la mafia russe, de loin moins inoffensive que la nôtre car elle n’était pas institutionnelle mais composée d’une pègre qui a profité du laxisme d’Eltsine pour s’enrichir.
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé au dialogue, en s’adressant à toutes les parties du mouvement, jeunes, moins jeunes, partis politiques et tous ceux qui se sentent représentatifs du Hirak. Les jeunes éléments du mouvement ne doivent pas rater cette occasion de faire entendre leur voix, détournée au profit de telle ou telle personnalité, puis actuellement dans un sens violent. Au Soudan, les jeunes, les formations politiques et la société civile dans toutes ses composantes ont été unanimes à vouloir dialoguer. Pourtant lors du Hirak dans ce pays il y eut plus de 130 morts, alors qu’en Algérie, les forces de sécurité ont été exemplaires, tandis que le chef de l’État par intérim et le chef d’état-major ont été extrêmement conciliants.
Le dialogue est l’expression de la civilisation moderne et de la démocratie, où l’on conquiert ses droits par le biais de la parole et non plus par la massue de la préhistoire.
Il est à espérer que le mouvement et ceux qui le chevauchent, notamment les partis politiques, comprennent qu’il n’y a pas d’autre voie. Et que s’ils veulent construire l’Algérie, il faut qu’ils essaient déjà de se préparer pour les prochaines échéances électorales, les parlementaires, les communales… Nombreux sont les chantiers où ils pourraient œuvrer et prouver leurs compétences et ancrage dans la société.
Par Ali El Hadj Tahar