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L’AMBASSADEUR D’ALGÉRIE À BELGRADE MET EN AVANT LES FONDAMENTAUX DE L’ONU : La résolution 1514 ou l’éradication du système colonial

L’ambassadeur d’Algérie à Belgrade, Abdelhamid Chebchoub, a indiqué, hier, dans une tribune à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples colonisés (1514), »que l’adoption de cette résolution est venue comme un cri de révolte lancé par les pays épris de paix et de justice ».

« L’adoption de cette résolution est venue comme un cri de révolte lancé par les pays épris de paix et de justice, plus unis dans l’action depuis le sursaut de Bandung, contre le système colonial inhumain qui sévissait encore dans certaines régions du monde, pratiquant l’oppression, l’injustice et le déni de liberté, contrairement aux principes énoncés dans la Charte des Nations unies », écrit M.Chebchoub. Et d’ajouter : » cette résolution est venue également résonner comme un écho aux luttes de libération menées par les peuples d’Asie et d’Afrique, et que la guerre de libération qui se déroulait en Algérie rapportait quotidiennement aux salons feutrés du Palais des Nations unies à New York, les atrocités du colonialisme et les actes de bravoure du peuple algérien contre le colonialisme et sa détermination à l’éradiquer ». À ce propos, M.Chebchoub a souligné que  » les manifestations du 11 décembre 1960 en Algérie, où les Algériens sont sortis en masse, bravant les baïonnettes des forces coloniales pour crier haut et fort leur refus de l’oppression et leur désir de liberté et d’indépendance, intervenant quelques jours avant l’adoption de cette résolution, ont sans doute contribué à dissuader les votes négatifs et à assurer à cette déclaration une très large adhésion ». Selon le diplomate, « cette résolution avait énoncé les principes généraux et jeté les bases juridiques de l’éradication du système colonial et elle a servi de cadre juridique aux Nations unies pour mettre en œuvre la décolonisation des territoires qui étaient administrés par les puissances coloniales en Afrique et en Asie ».

60 ans après, le système colonial persiste
Dans cette tribune, l’ambassadeur d’Algérie regrette l’échec de l’humanité à éradiquer totalement, soixante ans après l’adoption de cette résolution, le colonialisme et à parachever cette œuvre rédemptrice ». « En effet, des territoires inscrits par les Nations unies comme territoires non-autonomes et dont le statut final devait être déterminé dans le cadre de l’application de la Résolution 1514 XVI ont vu le processus de leur décolonisation contrarié du fait de la fuite de leurs responsabilités par les puissances coloniales occupantes, des rêves d’empires de certains États ou de l’immobilisme des institutions des Nations unies », déplore M. Chebchoub. Dans ce sens, le diplomate relève que « le Sahara occidental, territoire non autonome, inscrit comme tel par les Nations unies en 1963 et qui avait fait l’objet, en 1991, d’un plan de règlement qui prévoyait de permettre au peuple sahraoui d’exprimer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance conformément à la Résolution 1514 XV, reste l’exemple le plus frappant du parjure à la Charte des Nations unies ».
Et d’enchaîner : « depuis plus de quarante ans, le peuple sahraoui attend de l’Organisation des Nations unies et de son Conseil de sécurité qu’ils assument leurs responsabilités et mettent en œuvre leurs propres décisions concernant ce territoire, dernière colonie en Afrique, par l’organisation d’un référendum d’autodétermination, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples colonisés.
Selon M.Chebchoub, »certaines puissances ont décidé de déterminer les priorités des défis auxquels l’humanité doit faire face, sur la seule base de leurs intérêts mercantiles et de leurs velléités hégémoniques ». À ce propos, l’ambassadeur fait observer  » que ces puissances tentent, sous prétexte de pragmatisme, de frapper d’obsolescence des principes universels forgés par l’humanité dans sa longue marche vers la paix et le progrès et dont la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples colonisés en est l’une des étapes ». « Cela cache mal une volonté de faire perdurer, sous une forme plus élaborée, plus globale et « plus civilisée », les mêmes pratiques du temps révolu du colonialisme », a-t-il affirmé.
M.Chebchoub note à ce propos que la célébration du soixantième anniversaire de la Déclaration 1514 « devrait interpeller la communauté internationale et les puissances de ce monde et les inciter à faire de nouveau acte de fidélité aux principes fondateurs de la Charte des Nations unies, et à s’engager résolument dans le parachèvement du processus de décolonisation, tracé par la Résolution 1514″.
Mokhtar Bendib