LAMAMRA

LAMAMRA SUR LE STATUT D’OBSERVATEUR ACCORDE À ISRAËL : « La décision de Moussa Faki peut provoquer la scission de l’UA »

Dans une déclaration accordée à un confrère, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, a répondu sèchement au dernier communiqué du président de la Commission de l’Union africaine, dans lequel ce dernier assume sa décision unilatérale d’octroi du statut d’observateur à Israël.

Quoiqu’il s’est plié à l’exigence d’inscrire cette question sensible à l’ordre du jour du prochain Conseil exécutif, Moussa Faki a adopté, dans ce communiqué, une attitude d’« autodéfense, sans mesurer les conséquences » de sa propre décision, selon Lamamra cité par le journal arabophone « Al-Fadjr ».
Moussa Faki Mahamat,  qui a reçu le 22 juillet dernier les lettres de créances de l’ambassadeur israélien en Ethiopie, Aleleign Adamsu, en qualité de membre observateur auprès de l’UA, « ne se rend pas compte des conséquences de telles décisions et positions, mises au grand jour, et leurs conséquences qui peuvent provoquer la scission de l’UA », a répondu Lamamra. Le MAE a indiqué que l’initiative prise au mépris de la charte de l’Union africaine pourrait saper la cohésion des rangs de l’organisation panafricaine et porter un grave préjudice à ses positions de principe, adoptées depuis sa création et qui insistent sur le soutien sans faille à la cause palestinienne. Le chef de la diplomatique algérienne, qui avait qualifié, il y a quelques jours,  de non-événement l’admission d’Israël comme observateur à l’UA, a estimé, toutefois, que l’initiative de Moussa Faki « ne va pas influer sur la détermination des sept représentations diplomaties, accréditées à Addis Abeba » qui avaient exprimé dans une note adressée au président de la Commission de l’UA, leur rejet de l’octroi du statut d’observateur à l’État hébreu. Ces représentations diplomatiques permanentes, notamment l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, les Iles Comores, le Djibouti et la Mauritanie, s’étaient fermement opposées à la décision de Faki d’accorder le statut d’observateur à Israël. « Une décision qui est contraire à la charte de l’UA et en totale contradiction avec les conditions d’octroi de ce statut définies par l’article 5, alinéa 2 de la charte de l’Union africaine. Elles ont exigé dans leur note verbale d’inscrire ce point à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil exécutif de l’Union.
Il y a lieu de rappeler que les ambassades de Jordanie, du Koweït, du Qatar, du Yémen et du représentant de la Ligue arabe, ont soutenu l’initiative du groupe des sept ambassades. Moussa Faki a pris la décision, lourde de conséquences pour la cohésion de cette organisation, d’accorder à Israël le statut d’observateur. Le lendemain, l’Algérie avait affirmé, par la voix de son chef de la diplomatie, que cette décision ne va pas influer sur le soutien de l’UA à la cause juste du peuple palestinien, exprimé depuis sa création et à l’occasion des différents sommets qu’elle a tenus. Toutefois, elle a estimé qu’elle est « porteuse de danger sur la cohésion de ses rangs ».
Depuis l’annonce de l’admission d’Israël en qualité d’observateur à l’UA, plusieurs États membres ont exprimé le rejet de la décision prise par Moussa Faki. La rencontre entre les ambassadeurs de sept pays africains accrédités à Addis Abeba et la note verbale adoptée au terme de leurs discussions laissent penser que la vague d’indignation grossira dans les prochains jours.
Slimane B.