Sommet de l'UA

L’ALGERIE MENE LE FRONT AU SEIN DE L’ORGANISATION AFRICAINE : Faire « dégager » Israël de l’UA

Le 22 juillet dernier, le président de la commission de l’Union africaine a annoncé, à la surprise générale des membres de l’organisation l’Algérie en tête, avoir accordé le statut d’observateur à Israël. L’Algérie, qui a fait de la question palestinienne une ligne rouge à ne pas franchir et un principe inaliénable de sa politique étranger, tout comme d’ailleurs toutes les questions de décolonisation, n’a pas tardé à réagir pour dénoncer cette entreprise funeste. « Pas question de faire entrer le loup dans la bergerie africaine ! »
Depuis lors, l’Algérie mène un branle-bas de combat en vue de faire éjecter l’Etat sioniste de l’UA, comme pouvait bien l’attester une note officielle saisissant le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et le conseiller juridique de l’organisation. Signée par les représentations diplomatiques à Addis-Abeba de l’Algérie, l’Union des Comores, Djibouti, Egypte, Libye, Mauritanie, Tunisie, ainsi que celles de la Palestine, Koweït, Jordanie, Qatar et Yémen auxquelles se sont jointes les délégations permanentes auprès de l’UA, le document se veut un appel au retrait du statut d’observateur accordé à Israël tout comme un soutien réitéré à la cause palestinien qui aspire à un Etat indépendant avec Al-Qods comme capitale.
Se référant au communiqué du président de la commission de l’UA, publié le 22 juillet 2021, relatif notamment à une rencontre avec l’ambassadeur d’Israël en Ethiopie lors de laquelle ce dernier a reçu les documents accordant à son pays le statut d’observateur dans l’organisation, les cosignataires ont souligné leur « ferme opposition ». Notamment le rejet de la décision Moussa Faki Mahamat pour une question « politique et sensible  sur laquelle l’Union africaine a adopté, au plus hauts niveau de sa décision et ce depuis plusieurs années, des résolutions claires exprimant sa position inflexible et son soutien à la cause palestinienne ». Egalement, des résolutions par lesquelles l’UA a dénoncé « les pratiques israéliennes à l’encontre des droits des Palestiniens frère » qui sont contraires aux intérêts suprêmes de l’organisation, souligne le document.

Inscrire la question au menu de la prochaine réunion du Conseil exécutif
D’autre part, les pays signataires de ce document  déplorent  le fait que la demande israélienne « n’a pas été examinée de la manière exhaustive par ses prédécesseurs conformément aux principes et objectifs contenus dans l’Acte constitutif de l’Union africaine et les décisions émises par les différents organes de l’Union, ainsi que l’intérêt suprême de l’Union, les opinions et les préoccupations des États membres, les critères d’octroi du statut d’observateur et le système d’accréditation à l’Union africaine approuvés par le Conseil exécutif en juillet 2005, ce qui représente un abus de procédure et une politique inacceptable de la part du Président (de la commission de l’UA, ndlr) ».
Les mêmes représentations diplomatiques se sont opposées catégoriquement à l’acceptation par Moussa Faki Mahamat des lettres de créances de l’ambassadeur d’Israël, et lui ont demandé d’inclure cette question à l’ordre du jour de la prochaine session des travaux du Conseil exécutif conformément au paragraphe 5 de la section II de la partie II des critères d’octroi du statut d’observateur.
Le document rappelle dans la foulée les positions de l’UA qui soutiennent les droits légitimes des Palestiniens. Notamment la plus importante décision du sommet de l’UA tenu au Ghana en 2007, selon laquelle elle a soutenu l’Initiative de paix arabe approuvée par le Conseil de la Ligue des États arabes au niveau du sommet, qui s’est tenu à Beyrouth en mars 2002, en sus d’autres décisions et déclarations rendues par l’UA.
Enfin, il convient de noter que selon des sources fiables, c’est l’Algérie qui a pris et conduit cette initiative consistant à s’opposer fermement et à demander de retirer le statut d’observateur accordé à Israël.
Farid Guellil