Poutine-Tebboune

L’ACCORD DE PRINCIPE A ÉTÉ ARRÊTÉ ENTRE ALGER ET MOSCOU : Tebboune en Russie avant fin 2022

L’ambassadeur de Russie en Algérie, Valerian Shuvaev, s’est exprimé jeudi lors d’une conférence de presse qu’il a animée au siège de l’ambassade à Alger, sur une série de questions en rapport avec les relations algérorusses, clarifiant, au besoin, la position de son pays sur ces questions. Àcommencer par la visite du président Tebboune à Moscou, pour donner suite à une invitation de son homologue russe Vladimir Poutine, reçue officiellement en mai 2022 des mains du chef de la diplomatie Segueï Lavrov, alors en visite en Algérie. À ce titre, Valerian Shuvaev a révélé que le président Abdelmadjid Tebboune effectuerait une visite en Russie avant la fin de cette année. Il y aura du nouveau dans les relations bilatérales entre l’Algérie et la Russie, a laissé entendre le diplomate russe, faisant allusion à des événements qu’il a décrits comme importants pour les deux pays qui interviendraient d’ici la fin de cette année. « Nous cherchons à étendre les domaines de la coopération civile entre l’Algérie et la Russie, et nous travaillons dur pour renforcer le partenariat dans l’énergie, les mines, l’industrie et la recherche scientifique.  » Au sujet de l‘augmentation des livraisons de gaz algérien vers l’Europe, après l’arrêt de l’approvisionnement russe, il déclare que la Russie comprend que l‘Algérie augmente ses approvisionnements en gaz vers l’Europe.

Énergie, l’Algérie « ne fâche » pas la Russie

« Cela ne dérange pas la Russie », a-t-il dit, expliquant que l’Algérie a le droit de profiter de la situation internationale, notamment avec la hausse des prix du gaz. On sait que le président du Conseil européen Charles Michel se trouvait, il y a quelques jours, à Alger où il a été reçu par le président Abdelmadjid Tebboune. L’objet de cette visite a été évident aux yeux de tous : les pays de l’Union européenne font face au manque de gaz qui va s’aggraver cet hiver, après l’annonce de l’arrêt complet du gazoduc Nord Stream 1 par la société russe Gazprom ; l’Algérie est vue comme une issue de secours dans cette situation difficile. Les ministres de l’énergie de l’UE devaient se réunir le 9 septembre pour discuter de mesures à prendre pour contenir la flambée des prix due à la crise énergétique que traversent leurs pays. Au cours de sa conférence de presse, l’ambassadeur russe a fait remarquer que la Russie n’allait pas s’effondrer en arrêtant l’exportation de gaz vers l’Europe, mais allait réorganiser plutôt les choses dans de nouveaux cadres, même si cela nécessite des mesures et du temps. À ce propos, des experts n’arrêtent pas de s’interroger sur les raisons qui ont fait que l’effondrement de l’économie en Russie annoncé par les médias occidentaux s’est produit dans les pays européens alors que la Russie, au contraire, a réussi à renforcer son économie.

Moscou « favorable » à l’adhésion de l’Algérie aAux brics

Concernant les questions énergétiques, le diplomate russe a fait savoir qu’il existe une coopération et une coordination entre l’Algérie et la Russie au niveau de l’OPEP et de l’OPEP+, et qu’il y a des réunions en cours pour parvenir à une vision commune. Valerian Shuvaev a évoqué l’éventualité de l’adhésion de l’Algérie aux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, une question qui intéresse fortement l’opinion publique algérienne. Il a affirmé que la Russie ne s’opposait pas à cette adhésion de l’Algérie aux BRICS et que les deux présidents, algérien et russe, en avaient parlé. Pour rappel, lors de sa rencontre périodique avec la presse nationale, fin juillet, le président Tebboune avait fait savoir que « l’adhésion au Groupe BRICS est tributaire de conditions économiques auxquelles l’Algérie satisfait en grande partie ». « Cela est envisageable, mais n’anticipons pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura de bonnes nouvelles », avait-il ajouté, expliquant que « l’Algérie s’intéresse aux BRICS, en ce qu’ils constituent une puissance économique et politique ». Pour le président Tebboune, « l’adhésion à ce groupe mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre les deux pôles ». Dans le même ordre d’idées, l’ambassadeur russe en Algérie a souligné que le processus de traitement en rouble entre la Russie, la Chine et l’Inde est avancé et est en train d’inclure d’autres pays et il espère que l’Algérie en fera partie.

M’hamed Rebah